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Depuis juin 1997, toutes les pistes pour
lemploi ont été ouvertes : soutien à la croissance pour
relancer la consommation, création de nouvelles activités
utiles à tous par le programme Nouveaux Services - Emplois
jeunes, aides aux nouvelles technologies et à la création
dentreprises, dispositifs personnalisés de retour à
lemploi pour les personnes les plus fragiles, réduction
négociée du temps de travail et allégements des charges
sociales sur les bas et moyens salaires.
Laction déterminée engagée par le
gouvernement porte ses fruits : en deux ans et demi, le nombre de
chômeurs a reculé de plus de 570 000.
Piste majeure pour enrichir la croissance en
emplois, la réduction du temps de travail a été engagée de
manière souple et résolue. Résolue, car la loi du 13 juin 1998
fixait un cap les 35 heures , et souple par la
méthode proposée : la négociation, entreprise par entreprise,
branche par branche pour déterminer les modalités concrètes de
réduction du temps de travail.
Au-delà des controverses et des débats qui
nont pas manqué, la loi du 13 juin 1998 a impulsé une
dynamique sans précédent de dialogue social, dinnovation
organisationnelle et de négociation.
Des négociations sans
précédent
Près dune entreprise sur deux sest
engagée dans la réduction du temps de travail : plus de 25 000
accords dentreprise et 130 accords de branche ont été
conclus. 3 millions de salariés et plus dun tiers des
effectifs des entreprises de plus de 20 salariés sont couverts
par un accord 35 heures avant même la baisse de la durée
légale.
Invités à négocier, les chefs
dentreprise, les syndicalistes et les salariés ont su
faire preuve de réalisme et de capacité dinnovation pour
trouver des modalités diverses et " sur mesure "
respectant à la fois les aspirations des salariés et les
besoins des entreprises. Dans 9 cas sur 10, les accords
dentreprise ont été signés à lunanimité des
organisations syndicales présentes.
Lemploi au rendez-vous
Plus de 170 000 emplois ont été créés ou
préservés grâce aux accords déjà conclus. Dans 87 % des cas,
il sagit demplois créés et dans 13 % des cas, de
licenciements évités. La réduction du temps de travail a
contribué sensiblement à réduire la précarité de
lemploi en rendant possibles des passages de
lintérim ou de contrats à durée déterminée vers des
contrats à durée indéterminée et en favorisant le temps
partiel choisi. Les embauches ont bénéficié en proportion
significative aux jeunes et à des personnes ayant des
difficultés dinsertion. Enfin, la réduction du temps de
travail sest traduite par un développement de la
polyvalence et des compétences des salariés et par des
avancées nouvelles en matière de formation qualifiante.
Apportant des souplesses pour chacun, trouvant
à chaque fois et de manière décentralisée des solutions
adaptées, la négociation a conduit à des avancées, jugées le
plus souvent satisfaisantes pour les deux parties.
Des
accords intégrant des souplesses nouvelles tant pour les
salariés que pour les entreprises
La conciliation du temps de travail avec les
rythmes sociaux, familiaux et scolaires a trouvé une place
accrue dans les négociations. Les enquêtes auprès des
salariés, après la mise en place et ladaptation aux
nouveaux horaires, font état dune large satisfaction : 85
% des salariés considèrent que le passage à 35 heures a été
pour eux, personnellement, une bonne chose, permettant notamment
une amélioration de leur vie personnelle et familiale (86 %),
davantage dépanouissement personnel (74 %), une meilleure
organisation des horaires (68 %) et une meilleure ambiance de
travail (50 %).
Pour les entreprises, la prise en compte des
fluctuations et de la saisonnalité éventuelle des rythmes de la
demande a permis de rapprocher lorganisation de
lentreprise des besoins des clients. 84 % des chefs
dentreprise ayant signé un accord de réduction du temps
de travail dans le cadre de la première loi, du 13 juin 1998, en
sont satisfaits. Ils jugent, à 81 %, que la réduction du temps
de travail a permis daméliorer le climat social dans leur
entreprise et, à 65 %, quelle a permis daméliorer
lorganisation du travail.
La loi du 19 janvier 2000 intègre les
innovations, prolonge et amplifie le mouvement de négociation,
tout en traduisant la volonté des pouvoirs publics de poursuivre
la construction dun pacte social équilibré, facteur de
progrès pour le salarié et de compétitivité pour les
entreprises.
Des règles, des repères, des
garanties nouvelles pour favoriser ladhésion de tous
La seconde loi, comme le gouvernement sy
était engagé, doit lessentiel de son contenu aux
négociations intervenues depuis deux ans. Elle propose un cadre
cohérent dapplication des règles de la durée du travail
à toutes les catégories de salariés (cadres, salariés à
temps partiel
). Elle propose des instruments simplifiés et
adaptés aux exigences de la production ou des services
(modulation
). Elle apporte des souplesses et des garanties
nouvelles pour les entreprises et les salariés.
Construite sur des accords réussis en matière
demploi, la loi est faite pour faciliter de nouvelles
négociations et permettre la création ou la préservation de
centaines de milliers demplois dans les prochaines années.
Les allégements des charges sociales sont
liés à la conclusion daccords négociés et signés par
des syndicats majoritaires ou approuvés par une majorité de
salariés.
Une période dadaptation permet de
laisser du temps pour que la négociation se déroule dans les
meilleures conditions, tout en maintenant résolument le cap des
35 heures.
Un triple objectif
Dans le contexte économique actuel, les
entreprises et leurs salariés sont de plus en plus confrontés
à la nécessité dinnover, y compris dans
lorganisation du travail. Avec les 35 heures, ces
changements peuvent poursuivre un triple objectif :
un objectif de création demplois ;
un objectif de compétitivité ;
un objectif damélioration des conditions
de travail et de meilleur équilibre entre vie professionnelle et
vie personnelle.
Les quelque 100 000 négociateurs des accords
déjà conclus ont ainsi ouvert la voie et rendu possible la
réduction du temps de travail. Tout en consolidant leurs
accords, la loi leur apporte des possibilités et des garanties
nouvelles. Tout en facilitant le financement de la réduction du
temps de travail par des allégements durables des cotisations
sociales, cette loi favorise léquilibre économique et
social des accords, soutient la compétitivité et joue en faveur
de lemploi.
Parce quelle touche à la fois au
fonctionnement de lentreprise, à lorganisation du
travail et à la vie quotidienne des salariés, la réduction du
temps de travail à 35 heures est pour chacun un formidable
défi. Pour ceux qui ont déjà signé un accord, il faut bien
sûr désormais le faire vivre et, le cas échéant,
ladapter aux possibilités nouvelles offertes par la
seconde loi. Pour ceux qui nont pas encore signé
daccord, il faut aujourdhui entamer la négociation.
Tout est mis en uvre pour vous apporter lappui le
plus complet, le plus direct et le plus concret possible :
ladministration du travail, les DDTEFP et les DRTEFP sont
à votre disposition, dans votre département ou votre Région,
pour vous informer et vous accompagner tout au long de vos
discussions ; des consultants, cofinancés par lÉtat,
pourront vous aider, en tant que de besoin, dans
lélaboration de votre diagnostic, dans la recherche de
solutions spécifiques à votre entreprise et pour faciliter la
mise en place des 35 heures ; un service de renseignements
téléphoniques (0 803 35 2000) et un espace questions/réponses
sur ce site Internet sont à votre disposition pour répondre à
vos questions et vous fournir la plus large information possible
; enfin, ce guide Tout savoir sur la réduction du temps de
travail, que nous avons souhaitée à la fois claire et
exhaustive, a pour objectif de répondre à vos interrogations et
de vous aider à mener au mieux votre négociation.
Les cinq axes principaux de la
seconde loi, du 19 janvier 2000
Les mots en italique signalés par un
astérisque (ex. : durée légale*) renvoient à des notions
développées dans le corps du lexique.
La loi confirme que la nouvelle
durée légale est fixée à 35 heures
La nouvelle durée légale* est fixée à 35
heures de travail effectif hebdomadaire à compter du 1er janvier
2000 pour les entreprises de plus de 20 salariés, et à compter
du 1er janvier 2002 pour les autres. En outre, une durée
annuelle* du travail équivalant à 35 heures en moyenne a été
définie en fonction du nombre de semaines travaillées ; en
principe elle ne doit pas dépasser 1 600 heures. Cette durée
annuelle est applicable lorsque le travail est organisé sur
lannée (cf. modulation*, réduction du temps de travail
sous forme de jours*).
La loi définit le régime des
heures supplémentaires
Dans le cadre hebdomadaire, les heures
supplémentaires* se décompteront à partir de la 36e heure.
Pour les accords prévoyant un aménagement du temps de travail
sur lannée et conclus après le 1er février 2000, les
heures supplémentaires se décompteront au-delà de 1600 heures.
La loi définit les incidences, pour lentreprise comme pour
le salarié, de ces heures supplémentaires (cf. majoration*,
contingent et repos compensateur*).
La loi définit de nouvelles
modalités en matière dorganisation du travail
Accessibles par la négociation collective (cf.
accords*), répondant aux besoins des entreprises tout en
renforçant les garanties pour les salariés, ces modalités sont
: la modulation* des horaires sur lannée ; la réduction
du temps de travail sous forme de jours* ; différentes formes de
travail à temps partiel* ; le travail intermittent ; le compte
épargne temps* ; les modalités spécifiques pour les cadres*,
selon leur degré dautonomie ; lorganisation des
formations* de développement des compétences, possible pour
partie sur les heures libérées par les 35 heures.
La loi met en place de nouveaux
allégements des cotisations patronales
Ces nouveaux allégements de cotisations
patronales* sont destinés à assurer non seulement un
financement équilibré du passage à 35 heures, mais aussi à
réduire le coût du travail sur les bas et moyens salaires pour
enrichir la croissance en emplois, ils sont également
accessibles par la négociation.
La loi crée un dispositif de
garantie de rémunération pour les salariés payés au SMIC
Cette garantie* a pour but dassurer le
maintien de la rémunération des salariés au SMIC bénéficiant
de la réduction du temps de travail, et la progression
ultérieure de leur pouvoir dachat. Comment se calcule le seuil de 20
salariés ?
Leffectif est calculé de la même façon
que lors des élections des délégués du personnel, soit le
niveau atteint, pendant douze mois consécutifs ou non, au cours
des trois années précédentes. En outre, si leffectif de
lentreprise na jamais dépassé 20 salariés entre le
31 décembre 1998 et le 1er janvier 2000, la nouvelle durée
légale du travail ne sappliquera quà partir du 1er
janvier 2002.
Enfin, dans lune ou lautre des
situations précédentes, si leffectif dépasse 20
salariés après le 1er janvier 2000, la durée légale à 35
heures sappliquera au 1er janvier 2002.
Les différents allégements de
cotisations patronales
Pour plus de détails, cas 1 et 4, voir
allégements ; cas 2, voir accords
à 35 heures conclus avant la seconde loi ; cas
3 et 5, voir incitations.
1 - La seconde loi RTT institue de nouveaux
allégements de cotisations patronales pour les entreprises de
plus de 20 salariés couvertes par un accord 35 heures. Sil
sagit dun accord dentreprise conclu après le
1er février 2000, il doit être majoritaire et notamment
prévoir le nombre demplois créés ou préservés (cf.
tableaux). Ces nouveaux allégements comprennent une aide
pérenne aux 35 heures et des allégements de charges sur les bas
et moyens salaires, qui se cumulent :
laide pérenne aux 35 heures est de
4 000 F par an et par salarié. Elle sadresse aux
entreprises ne bénéficiant pas dautres aides à la
réduction du temps de travail (aides incitatives prévues par la
première loi, du 13 juin 1998 ; aides prévues par la loi "
Robien ") ; les allégements de charges sur les bas et
moyens salaires sont de 17 500 F par an et par salarié au SMIC,
de 13 700 F à 1,1 fois le SMIC, etc., jusquà 1,8 fois le
SMIC se substituant à la ristourne dégressive actuelle, ils
permettent une baisse nette du coût du travail, après prise en
compte du financement de la réduction du temps de travail, de 4
à 5 % en moyenne pour les salaires inférieurs à 10 000 F brut.
2 - Sagissant des entreprises qui ont
conclu un accord avant la seconde loi celles qui ont droit aux
aides incitatives prévues par la première loi, du 13 juin 1998,
peuvent bénéficier :
- des allégements de charges destinés à
abaisser le coût du travail sur les bas et moyens salaires, en
plus des aides incitatives prévues par la première loi ;
- à lissue de cette période,
lentreprise bénéficie de laide pérenne et des
allégements de charges sur les bas et moyens salaires. celles
qui nont pas droit aux aides incitatives peuvent
bénéficier directement des nouveaux allégements prévus par la
seconde loi (aide pérenne + allégements bas et moyens salaire,
voir cas 1).
3 - Les entreprises ne dépassant pas 20
salariés peuvent bénéficier des aides incitatives prévues par
la première loi RTT, du 13 juin 1998.
Les aides incitatives (cf. incitations*)
prévues par la première loi RTT restent accessibles aux
entreprises ne dépassant pas 20 salariés qui concluent un
accord 35 heures avant la fin 2001 : elles sont dun montant
de 7 000 F par an et par salarié la première année (pour une
RTT en 2000), de 6 000 F la deuxième année, de 5 000 F de la
troisième à la cinquième année. Après la cinquième année,
cest laide pérenne de 4 000 F qui prend le relais.
Elles bénéficient, en sus des aides
incitatives, puis en sus de laide pérenne, des
allégements bas et moyens salaires sur simple déclaration à
lURSSAF.
Si les critères de réduction du temps de
travail (au mois 10 %) et demploi sont maintenus
(6 % demplois créés ou préservés),
des assouplissements ont été prévus pour tenir compte de la
spécificité des très petites entreprises : simplification des
formalités administratives, possibilité de réduire la durée
du travail en plusieurs étapes, adaptation du critère emploi,
etc.
4 - Les entreprises ne dépassant pas 20
salariés, lorsquelles ne peuvent pas satisfaire aux
conditions des aides incitatives (voir cas 3), peuvent
bénéficier directement des nouveaux allégements prévus par la
seconde loi et aux mêmes conditions (voir cas 1).
5 - Les entreprises créées à 35 heures
après le 1er février 2000 peuvent également bénéficier des
aides incitatives prévues par la première loi RTT.
Les aides incitatives sont ouvertes aux
entreprises créées à 35 heures après le 1er février 2000, assorties
automatiquement d’une majoration de 1 000 F, dès lors que ces entreprises fixent
leur durée du travail à 35 heures et qu’elles garantissent à leurs salariés au
minimum un SMIC calculé sur la base de 39 heures. Elles bénéficient, en sus de
ces aides incitatives, des allégements sur les bas et moyens salaires sur simple
déclaration à l’URSSAF
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