Quelle est
la valeur dune promesse dembauche
adressée par fax
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Lorsqu'un employeur envoie
par télécopie une promesse d'embauche à son futur
employé, précisant la nature du poste, le lieu de
travail, le salaire de la personne et la date d'entrée
en fonction, et qu'il se rétracte sans motif valable, la
télécopie, dans ce cas, peut-elle être considérée comme
un élément de preuve suffisant pour prétendre au
versement de dommages intérêts ?
La loi ne donne aucune réponse précise
à cette question. Le
code du travail ne mentionne l'usage des
télécopies que dans le cadre de la
déclaration préalable à l'embauche
(article R.
320-3 - livre 3 - titre 2), obligatoire pour
l'employeur. C'est pourquoi, il lui
demande si le développement des
télécommunications, télématique ou
échanges de données informatisées ne
risque pas d'exonérer l'employeur de
produire une preuve absolue d'embauche.
Pour le Ministère de l'emploi et de la
solidarité ( réponse publiée dans le
JO Sénat du 13/09/2001 page 2978 ) c'est
au juge qu'il appartient d'apprécier
tant la validité de la promesse
d'embauche que la légitimité du motif
invoqué.
Pour les services du ministère, " la
jurisprudence admet que la promesse
formelle d'embauche vaut contrat
d'engagement. En
cas de non-respect d'une promesse
formelle d'embauche qui n'est pas fondé
sur un motif valable, la partie lésée
par la rupture unilatérale d'embauche
peut prétendre au versement de dommages
intérêts sur le fondement de l'article
1142 du code civil. Toutefois, c'est au
juge qu'il appartient d'apprécier tant
la validité de la promesse d'embauche
que la légitimité du motif invoqué. A cet égard,
il est rappelé que les litiges
concernant le non-respect de la promesse
d'embauche relèvent de la compétence de
la juridiction prud'homale. Par ailleurs,
en ce qui concerne la valeur probante
d'une télécopie, l'article 1348 du code
civil dispose que l'exigence d'une preuve
écrite reçoit exception lorsque l'une
des parties n'a pas conservé le titre
original et présente une copie qui en
est la reproduction non seulement fidèle
mais aussi durable. Il résulte d'un
arrêt récent de la Cour de cassation
que le juge du fond
apprécie souverainement la valeur
probatoire d'une télécopie contestée
par la partie adverse(Cass.1re
civ. 28 mars 2000, Société Lazard
c/Fuentes). Ainsi, il ressort de la
jurisprudence qu'il
appartient au juge de déterminer si le
document produit a fait ou non l'objet de
montages ou de manipulations. C'est dans ces
conditions, et sous réserve de
l'appréciation souveraine du juge, que
la télécopie peut constituer un
élément de preuve en cas de non-respect
d'une promesse d'embauche. "