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QUE PEUT FAIRE LE NOTAIRE ? "Croque-mort"!
"Organisateur de funérailles"!
"Chercheur ou dépositaire de
testament"! "Arbitre des
conflits et des joutes entre les
héritiers"! "Escroc à ses
heures"!
L'image
que nous donnent les médias du
"notaire" est variée,
poétique, et même parfois
fantasmagorique. On lui attribue bien
souvent des vertus et des droits qu'il
est loin de posséder.
Il est
vrai que sa mission de
"confiance" en fait le
confident privilégié et l'arbitre
impartial de l'interprétation de la
volonté du futur défunt que nous sommes
tous.
Son devoir
de conseil permet en outre de parcourir
en sa compagnie le labyrinthe juridique
plus sûrement qu'au moyen du fil
d'Ariane.
Un décès
survient, beaucoup de questions se posent
aux héritiers! Passons-les en revue.
Les funérailles
Déclaration
de décès, modalités pratiques
d'organisation des funérailles sont le
plus souvent prises en charge
actuellement par une entreprise de pompes
funèbres. A ce stade, il peut être
utile d'avoir consulté le testament ou
contacté le notaire dépositaire des
dernières volontés du défunt afin de
connaître les désirs de ce dernier
quant à l'organisation de ses
funérailles, à son incinération
éventuelle, ou quant au legs de son
corps à la science.
C'est aux
proches (parents ou non du défunt) qu'il
appartient d'organiser les funérailles.
Les proches du défunt ne sont pas
nécessairement ses héritiers (exemple:
un(e) célibataire ne laisse comme
proches parents que ses frères et
surs, mais a légué tous ses biens
à une uvre).
Les
prérogatives des proches ne concernent
donc que les problèmes d'ordre moral ou
familial (organiser les funérailles,
occuper la maison mortuaire, dépouiller
les photos, papiers, lettres et souvenirs
du défunt). Par contre, les biens
laissés par une personne décédée
seront répartis entre les héritiers
légaux et/ou légataires s'il existe une
disposition testamentaire.
Afin
d'éviter tous conflits entre les proches
et les légataires, il est très utile de
rédiger, sous forme de testament, des
dispositions de dernières volontés
désignant une ou plusieurs personnes qui
auront la charge de cette organisation.
Chacun
d'entre nous , de son vivant, ferait bien
de mettre au courant de ses souhaits à
ce sujet une ou plusieurs personnes de
confiance. En principe, ce sont les
héritiers qui doivent payer les frais de
funérailles, même s'ils ne les ont pas
commandés.
On
conseillera cependant aux proches de ne
pas engager des frais disproportionnés
à l'état de fortune du défunt.
Les comptes bancaires
Afin de
permettre le paiement rapide des frais de
funérailles, ou de dernière maladie,
l'entourage du défunt prélève parfois
"in extremis" une certaine
somme sur le compte ou livret d'épargne
de la personne décédée.
Cette
pratique est dangereuse et inutile.
Au point
de vue fiscal, elle présente en effet un
danger certain étant donné que
l'administration de l'enregistrement peut
toujours demander des précisions quant
à l'utilisation des sommes ayant
appartenu au défunt durant les trois
dernières années de sa vie. D'autre
part, l'accès à un coffre bancaire
après le décès (ou le jour même du
décès) en dehors de la présence d'un
délégué de l'Enregistrement est
punissable d'amendes pouvant atteindre
plusieurs milliers de francs! Cette
pratique est également inutile car la
plupart des organismes financiers
acceptent de payer les factures des
pompes funèbres immédiatement après le
décès, au moyen des avoirs du défunt,
et avant même que tous les héritiers
soient connus.
Ensuite,
les avoirs bancaires du défunt seront
débloqués sur présentation d'une
"attestation d'hérédité"
(lettre du notaire) ou d'un "acte de
notoriété" (si les avoirs sont
importants) rédigés par le notaire
chargé par les héritiers de liquider la
succession. Cette formalité, sauf
exception due à une longue recherche des
héritiers ou de l'adresse de l'un d'eux,
ne durera guère plus d'une ou deux
semaines.
La déclaration de
succession
Déclaration
fiscale permettant la perception par
l'Etat des "droits de
succession", celle-ci doit être
déposée dans les cinq mois du décès
au bureau de l'enregistrement du lieu de
domicile du défunt. Avoirs immobiliers
et mobiliers, de même que frais de
funérailles et autres notes de passif
doivent y être repris.
Les droits
de succession dus à l'Etat sont
exigibles dans les sept mois du décès
(sous peine d'un intérêt retard).
Il est
donc important que cette déclaration
soit bien faite et à temps. Le
formulaire permettant de l'écrire peut
être obtenu auprès de tous les bureaux
de l'enregistrement, mais la manière de
le rédiger exige une certaine
expérience. Les notaires chargés de la
succession sont particulièrement bien
placés pour rédiger ce document et
éclairer sur les abattements et
réductions de droits de succession
susceptibles d'être obtenus, ainsi que
sur la meilleure manière de déclarer la
valeur du mobilier et du ou des immeubles
par exemple. Il ne faut pas attendre
l'approche du cinquième mois suivant la
date du décès pour le consulter!
Le partage des biens
Les droits
de succession étant connus et payés, il
est alors possible de procéder à la
liquidation de la succession. Si celle-ci
est peu importante et si l'entente est
parfaite entre les héritiers (le
restera-t-elle?), ceux-ci peuvent
partager à l'amiable entre eux les biens
laissés par le défunt.
Si ce
n'est pas le cas, l'intervention du
notaire sera utile et parfois
indispensable pour aider les héritiers
à y parvenir le mieux possible et de
manière définitive. Il faut en effet
éviter que ce qui a été accepté sous
le coup de l'émotion causée par le
décès soit remis en question
ultérieurement par certains lorsque seul
l'intérêt sera en jeu. C'est ici que le
rôle d'arbitre des conflits familiaux du
notaire jouera pleinement afin d'arrondir
les angles en vue de la liquidation
amiable et définitive de la succession.
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