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Les
donations permettent à une personne de
transmettre gratuitement un bien de son
patrimoine à une autre.
Donation
entre époux
Qui peut
le faire ? :Toute personne saine
d'esprit, au profit de son conjoint.
Où
s'adresser ? :Il faut obligatoirement
passer par un notaire.
Nature de
l'avantage : La donation entre époux
permet d'assurer l'avenir du conjoint
survivant assez mal protégé par la loi
. S'il n'existe ni descendant légitime
ou naturel ni ascendant, l'époux peut
donner à l'autre époux tous ses biens
en pleine propriété. En présence
d'ascendants ou descendants, soit
légitimes issus ou non du mariage soit
naturels, l'époux peut disposer en
faveur de l'autre : soit de la pleine
propriété de ce dont il pourrait
disposer en faveur d'un étranger ; soit
d'un quart de ses biens en pleine
propriété et des trois autres quarts en
usufruit ; soit de l'usufruit de la
totalité de ses biens. On peut laisser
le choix à l'époux survivant entre ces
trois solutions : cela lui permet de
choisir la solution la plus favorable
selon la situation au moment du décès.
Le survivant ne pourra vendre des
immeubles (sauf ceux lui appartenant en
propre) qu'avec le consentement et le
concours des enfants, en raison des
droits réservataires de ceux-ci. Si la
donation porte sur plus de la moitié des
biens (que ce soit en usufruit ou en
pleine propriété) les enfants peuvent
exiger que l'usufruit soit converti en
rente viagère sauf l'usufruit de
l'habitation principale (et des meubles).
Une donation entre époux est toujours
révocable si elle a été faite au cours
du mariage (les donations faites par
contrat de mariage ne sont pas
révocables).
Donation-partage
Qui peut
la faire ? :Toute personne au profit de
ses descendants directs uniquement
(enfants). Lorsque les biens comprennent
une entreprise individuelle, le régime
de la donation-partage est étendu aux
collatéraux et aux tiers. Elle ne peut
porter que sur des biens possédés au
moment de la donation (pas de donation
possible sur des biens futurs). Elle peut
être faite sur les biens d'un parent ou
des deux (donation-partage conjonctive).
Dans ce cas, elle comprendra les biens
propres de chacun des époux et les biens
de la communauté. Elle est irrévocable.
Il n'est pas possible de redistribuer les
biens donnés ultérieurement (par un
testament notamment). Les donataires
peuvent contester la donation dans un
délai de 5 ans après le décès de
leurs parents s'ils s'estiment lésés
lors du règlement de la succession ou
s'ils n'étaient pas encore nés lors de
la rédaction de l'acte de donation. Elle
doit être acceptée par les donataires.
L'unanimité des descendants n'est pas
requise. Si l'un des enfants n'acceptent
pas la donation, elle sera faite avec les
autres sous condition que ses droits
soient respectés.
Donation
en faveur d'un enfant unique
Le régime
fiscal de la donation-partage s'applique
aux donations effectuées par des parents
à un enfant unique. Où s'adresser ? :Il
faut obligatoirement passer par un
notaire. Une donation-partage entraîne
le paiement des droits de succession
comme pour une succession réglée après
décès.
Quels sont
les avantages ? :La donation-partage est
un bon moyen de régler sa succession
dans les meilleures conditions. Les
donataires se concertent pour répartir
les biens entre eux et sous contrôle des
parents. Cela évite bien souvent des
chicanes éventuelles au moment du
décès des parents et les désagréments
comme les solutions extrêmes que
constituent le partage judiciaire ou le
tirage au sort des lots ! Elle permet
d'autre part de réaliser des économies
par rapport au coût d'une succession
normale, à plusieurs niveaux :
La
réserve d'usufruit : les parents peuvent
se réserver l'usufruit des biens qu'ils
donnent. Les enfants ne paieront alors
les droits de succession que sur la part
du bien représentant la nue-propriété
telle qu'elle existe au moment de la
donation. La part de l'usufruit et de la
nue-propriété varie selon l'âge du
donateur.
Exemple :
sur un patrimoine de 1 million de francs
légué par un parent âgé de 45 ans,
les enfants ne paieront de droits de
succession que sur 5/10e de la valeur du
patrimoine soit sur 500 000 F. Alors que
s'ils avaient reçu le même bien après
le décès de leurs parents, ils auraient
payé des droits sur 1 million de francs.
Les droits
de succession sont assis sur la valeur
des biens transmis au jour de la donation
alors qu'en cas de succession après
décès ils sont assis sur la valeur des
biens au jour du décès des parents. Le
régime fiscal appliqué est aussi celui
en vigueur au jour de la donation. Ceci
met les enfants à l'abri des
augmentations ultérieures (des biens et
des droits de succession) ainsi que de la
disparition d'avantages existants.
La
réduction sur les droits de succession
est de 50 % lorsque le donateur a moins
de 65 ans, de 30% si le donateur a entre
65 et 75 ans .Entre le 1/1/2000 et le
30/6/2001, le taux de réduction est de
30 % lorsque le donateur a plus de 75
ans. L'âge est apprécié à la date
d'enregistrement de la déclaration.
En cas de
donation-partage conjonctive (lorsque les
deux parents sont vivants) chaque enfant
a droit à un abattement de 300 000 F sur
le patrimoine de chacun des deux parents.
Ce qui revient donc à doubler la
franchise (600 000 F par enfant, en une
seule fois) par rapport à une succession
normale.
Donation
au petits-enfants
Ces
donations (par acte notarié ou sous
seing privé ou encore par don manuel
révélé à l'administration)
bénéficient d'un abattement de 100 000
F par petit -enfant donataire et il est
appliqué une réduction sur les droits
de succession identique aux donations en
ligne directe. Cet abattement concerne
aussi les donations à des
arrière-petits-enfants lorsque leur
père ou mère est préalablement
décédé. La réduction des droits
applicable en cas de donation à un
enfant unique joue lorsque la donation
est faite à un petit -enfant car le
parent (père ou mère) est décédé.
Attention
: pour l'application de cet abattement de
100 000 F on tiendra compte des donations
précédentes remontant à moins de 10
ans .Cet abattement peut se cumuler avec
: l'abattement général de 300 000 F
lorsqu'un petit -enfant vient en
représentation de sa mère ou de son
père prédécédé; avec l'abattement de
300 000 F en faveur des handicapés
physiques ou mentaux; avec la réduction
de droits pour charges de famille
(limitée à 4 000 F par enfant à partir
du troisième); avec la réduction de
droits liés à l'âge du donateur.
À noter :
les parents bénéficient légalement
d'un droit de jouissance sur les biens
des mineurs de moins de 16 ans. Les
grands-parents donateurs peuvent inclure
une clause à "la condition expresse
que les père et mère n'en jouiront
pas".
Donations
entre partenaires liés par un pacte
civil de solidarité .Elles bénéficient
d'un abattement de 375 000 F puis est
appliqué un taux de 40 % pour la
fraction inférieure à 100 000 F et de
50 % au-delà de cette somme. Cet
avantage ne profite qu'aux partenaires
liés par un PACS depuis au moins 2 ans ;
Autres
donations
Les
donations ordinaires (à des tiers)
bénéficient d'une réduction des droits
de mutation.
Depuis le
1/9/98, le taux de réduction est de 50%
si le donateur a moins de 65 ans, de 30%
s'il a entre 65 ans et 75 ans. Entre le
1/1/2000 et le 30/6/2001, le taux est de
30% lorsque le donateur a plus de 75 ans.
Bon à
savoir
En cas de
donation faite plus de 10 ans avant le
décès du donateur, ou de donations
espacées de plus de 10 ans, ces
donations peuvent être totalement
exonérées de droits de succession
C. civ. :
Art. 893 s.
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