|
Les compagnies d'assurances
proposent actuellement plus d'un millier de
contrats d'" épargne retraite ". Cette
prolifération s'accompagne d'une campagne
alarmiste sur l'avenir du système de retraite
traditionnel. Aucun des contrats proposés ne
peut cependant s'y substituer. Tout au plus,
assurent-ils un complément financier, parfois
non négligeable.
Quels sont
les avantages ?
Il
s'agit d'accumuler un capital en versant
des primes sur un compte géré par une
compagnie d'assurances. Les sommes
versées ainsi que les intérêts
qu'elles produisent seront reversées au
souscripteur sous forme d'un capital ou
d'une rente périodique à l'échéance
du contrat (qui peut se situer au moment
de la mise à la retraite).
Sous
le nom d'" assurance retraite "
ou dépargne retraite " se
cachent en fait des contrats d'assurance
vie.
Les
contrats d'assurance vie se divisent en 3
branches :
L'assurance
décès : si le titulaire du contrat
meurt avant une date donnée (assurance
décès temporaire) ou à n'importe quel
moment (assurance vie entière) ses
proches recevront un capital. Si
l'assuré est encore en vie à la date
fixée par le contrat assurance vie
temporaire, les primes versées restent
acquises à l'assureur.
L'assurance
à " capital différé " ou
" en cas de vie " : si
l'assuré est encore en vie à une date
fixée (qui peut être la date de la mise
à la retraite) il reçoit un capital ou
une rente viagère. Certains contrats
prévoient qu'en cas de décès, les
primes versées seront remboursées aux
proches de l'assuré.
L'assurance
" mixte " : elle allie les deux
formes citées précédemment. En cas de
décès à une date fixée, les proches
de l'assuré reçoivent un capital. Si
l'assuré est encore en vie, il touche un
capital ou une rente viagère.
Les
contrats d'assurance mixte se révèlent
très peu avantageux. L'assuré paie pour
avoir deux garanties : l'une en cas de
décès, l'autre en cas de vie. Ces
garanties sont généralement vendues
dans les contrats mixtes 20 % plus chers
que si elles étaient souscrites
séparément. Les primes versées sont
amputées de frais de gestion
représentant 25 à 30 % de leur montant.
Les
contrats d'assurance décès, quant à
eux, ne constituent pas à proprement
parler une épargne retraite.
A signaler
: depuis le 1/7/93, les assureurs peuvent
proposer des contrats avec prime de
fidélité favorisant les épargnants qui
vont jusqu'au terme de leur contrat.
Quel
contrat choisir ?
Tout
dépend du but poursuivi par l'assuré :
assurer la protection de ses proches s'il
vient à décéder : il faut prendre un
contrat d'assurance décès. Le capital
peut être versé soit à une personne
nommément désignée sur le contrat
(contrat " capital -survie ")
soit au conjoint (contrat " deux
têtes ") soit aux ascendants et
descendants. Il est exonéré de droits
de succession ; constituer un complément
de retraite : choisir un des nombreux
contrats à capital différé proposés ;
allier les deux buts énoncés ci-dessus
: souscrire soit un contrat d'assurance
mixte soit un contrat à capital
différé proposant une contre-assurance
(remboursement des primes versées en cas
de décès de l'assuré) ; effectuer un
placement comportant certains risques
mais aussi des possibilités de
plus-values importantes : les assureurs
ont élaboré tout une gamme de produits
indexés dont l'évolution est liée aux
placements boursiers. On peut citer les
" contrats S.I.C.A.V. " : les
primes servent à acquérir des parts de
S.I.C.A.V. En fin de contrat, l'assuré
peut prendre possession de ces parts ou
bien être remboursé en espèces
d'après la valeur acquise par ces parts.
Les " contrats Pierre " sont
investis en parts de société civiles
immobilières.
Il
faut noter que l'épargnant qui le
désire peut directement acquérir des
parts de S.I.C.A.V. ou de sociétés
immobilières sans passer par le biais
d'une assurance- vie. Les frais seront en
général moins importants ; s'assurer
d'un placement sûr : les bons
d'investissement sont des contrats
d'assurance -vie à prime unique d'une
durée de 8 ans qui assurent un taux
d'intérêt garanti ; effectuer un
versement unique ou des versements
périodiques : certaines formules
proposent une prime unique (bon
d'investissement ou bon de capitalisation
par exemple). Pour d'autres, les
versements sont périodiques (tous les
mois, tous les semestres ou tous les
ans). D'autres encore fonctionnent comme
un livret de caisse d'épargne : on verse
quand on veut, la somme que l'on veut et
l'on peut même effectuer des retraits de
fonds. Ces derniers comptabilisent moins
de frais de gestion. Ils font souvent
partie des contrats de groupe à gestion
paritaire (c'est-à-dire conclus entre
une association et des assureurs) ;
recevoir un capital ou une rente viagère
: certaines compagnies prévoient un
versement unique (capital) au terme du
contrat, certaines, le versement d'une
rente viagère, d'autres laissent le
choix entre les deux possibilités.
A noter :
les tables de mortalité qui permettent
de fixer les tarifs des rentes viagères
ont été actualisées en 1993 pour tenir
compte de l'allongement de la durée de
vie. Cette actualisation a pour
conséquence de faire perdre environ 15 %
de pouvoir d'achat aux bénéficiaires de
rentes viagères qui deviennent en effet
plus chères à l'achat.
Les
meilleurs contrats sont ceux qui
prélèvent les frais les moins élevés
(ils peuvent varier de 4 à 35 %) et qui
proposent des versements libres. On peut
aussi examiner le rendement obtenu par le
contrat proposé au cours des années
précédentes pour guider son choix.
Souscription
du contrat
S'adresser
auprès d'une compagnie d'assurances.
Le
souscripteur d'un contrat d'assurance
-vie a droit à un délai de réflexion.
Il peut renoncer au contrat dans un
délai de 30 jours à compter du premier
versement par lettre recommandée avec
accusé de réception. L'assureur doit
alors rembourser les sommes versées dans
un délai de 30 jours à compter de la
réception de la demande du souscripteur.
Exception
: si vous avez souscrit une garantie
décès, il pourra garder 1/12e de la
somme versée correspondant à cette
garantie.
En cas de
démarchage : il est possible de renoncer
à cette assurance, dans les 7 jours
suivant le 1er versement, par lettre
recommandée ; l'assureur devra alors
tout rembourser dans le mois qui suit ;
vous êtes considéré comme assuré
jusqu'au remboursement effectif par
l'assureur.
Résiliation
du contrat
Les
assurances -vie sont résiliables à tout
moment. Il suffit de ne plus payer, et de
ne pas tenir compte des lettres de mise
en demeure envoyées par la compagnie.
Aucune action ne peut être menée pour
non-paiement.
Si la
résiliation intervient au cours des 2
premières années, la totalité des
primes est perdu. Après ce délai, il
est possible de récupérer une partie
des primes versées : c'est le rachat.
Pour cela, il faut avoir versé au moins
2 années de primes ou 15 % des
cotisations totales. Prévenir l'assureur
par lettre recommandée avec accusé de
réception. Ce dernier doit alors verser
la " valeur de rachat " du
contrat (montant des primes - frais de
gestion et pénalités) dans un délai de
2 mois. Si la résiliation a lieu moins
de 6 ans après la signature du contrat,
les plus values sont imposées et les
réductions d'impôts obtenues peuvent
être remises en cause par
l'administration fiscale.
Régime
fiscal
Souscrire
un contrat d'assurance sur la vie, c'est
bénéficier d'avantages fiscaux bien que
ceux ci soient de plus en plus limités
:Au terme d'un contrat "en cas de
vie" ,une fraction de la rente est
imposables en fonction de l'âge du
bénéficiaire (cf. Donations)
Au
terme d'un contrat "en cas de
décès" (voir la question Droits de
succession)
A noter :
certains contrats bénéficient de
disposition fiscales du Plan d'épargne
populaire
Les
revenus des contrats d'assurance- vie,
qui étaient jusqu'à présent exonérés
d'impôt sur les intérêts, sont soumis
à un prélèvement libératoire au taux
de 7,5 % (hors prélèvements sociaux).
Il s'effectue sur les intérêts pour les
retraits opérés au bout de 8 ans,
au-delà d'une franchise annuelle de 30
000 F pour un célibataire ou 60 000 F
pour un couple marié. Si le contribuable
ne choisit pas l'option du prélèvement
libératoire, les intérêts sont soumis
au barème de l'impôt sur le revenu. Ce
système s'applique aux contrats nouveaux
souscrits à depuis le 26/9/97 ainsi
qu'aux contrats en cours. Dans ces cas,
seuls les produits acquis depuis le
1/1/98 et liés aux versements
effectués, depuis le 26/9/97 sont soumis
à l'impôt sur le revenu.
A noter :
Les contrats investis pour au moins 50%
en actions, dont 5% au moins en actions
non cotées ou cotées sur le nouveau
marché de la Bourse (couramment appelés
"contrats DSK"), échappent au
nouveau régime.
Bon à
savoir
La
communication à l'assuré des frais
prélevés par l'assureur aux
différentes étapes de la vie du contrat
est maintenant obligatoire.
L'assurance
vie ne bénéficie plus, dans tous les
cas, des mêmes avantages lors d'une
succession (voir la question Droits de
succession)
|