LE LOYER FIXATION,
AUGMENTATION, PAIEMENT DU LOYER
Plus d'informations sur
Les
modalités de fixation et de révision du
loyer pour les logements loués non
meublés, par un propriétaire privé,
sont prévues par la loi du 6 juillet
1989.
LA FIXATION DU LOYER INITIAL
AVEC UN NOUVEAU LOCATAIRE
Le
loyer initial est fixé librement entre
le propriétaire et le locataire.
Il en
est ainsi lorsqu'il s'agit d'un contrat
de location consenti à un nouveau
locataire, de la location d'un logement
vacant ou mis en location pour la
première fois, par exemple
L'AUGMENTATION DU LOYER EN
COURS DE BAIL
Le
loyer peut être révisé une fois par an
si une clause du bail le prévoit.
La
date de révision est celle indiquée
dans le bail ou, à défaut, la date
anniversaire du bail.
L'augmentation
ne peut être supérieure à la variation
de la moyenne sur quatre trimestres de
l'indice du coût de la construction
établi par l'INSEE (loi du 21 juillet
1994).
La
moyenne de référence à prendre en
compte est celle qui figure dans le bail
ou à défaut, la moyenne sur quatre
trimestres du dernier indice publié à
la date de signature du bail.
Exemple
Un loyer fixé le 1.8.97 à
2.400 F hors charges, s'établissait au
1.8.98 à :
2.400 F x 1063,25 / 1038 =
2.458,38 F
1063,25 est la moyenne de
l'indice au 1er trimestre 1998 (dernier
indice connu à la date de la révision
du loyer),
1038 est la moyenne de
l'indice au 1er trimestre 1997 (dernier
indice connu à la date de la signature
du bail)
La moyenne de l'indice est
publiée chaque trimestre, au journal
officiel avec l'indice INSEE. Ce
mode de révision des loyers s'applique
à tous les baux à compter du 1er
janvier 1995, même si le contrat signé
avant l'entrée en vigueur de la loi du
21 juillet 1994, n'est pas modifié.
Si le bail
ne prévoit pas de clause de révision,
le loyer reste le même pendant toute la
durée de la location.
Exceptionnellement,
le loyer peut être majoré en cours de
bail lorsque le propriétaire et le
locataire sont convenus, lors de la
signature du bail ou ultérieurement, de
travaux d'amélioration que le
propriétaire fera exécuter à ses
frais. Une clause du bail (ou un avenant)
doit fixer la majoration de loyer qui
deviendra applicable après l'achèvement
des travaux.
Lorsque
le bail arrivé à expiration est
renouvelé, le loyer peut, à ce moment,
être augmenté dans certaines conditions
(voir " la fin du bail " et
ci-dessous).
LE RENOUVELLEMENT D'UN BAIL
AVEC UN NOUVEAU LOYER
Si à
l'expiration du bail, le propriétaire
considère que le loyer est manifestement
sous-évalué, et uniquement dans ce cas,
il peut pour le renouvellement du bail
proposer une augmentation de loyer en se
référant aux loyers habituellement
constatés dans le voisinage pour des
logements comparables.
Le
propriétaire doit fournir au locataire :
six
références minimum dans les communes
faisant partie d'une agglomération de
plus d'un million d'habitants
trois
références dans les autres zones
géographiques. Deux tiers de ces
références, au moins, doivent
correspondre à des locations pour
lesquelles il n'y a pas eu de changement
de locataire depuis trois ans.
Deux
tiers de ces références, au moins,
doivent correspondre à des loations pour
lesquelles il n'y a pas eu de changement
de locataire depuis trois ans.
Les
références de loyers doivent être
représentatives de l'ensemble des loyers
habituellement constatés dans le
voisinage pour des logements comparables.
Chaque référence doit mentionner :
le nom
de la rue et la dizaine de numéros où
se situe l'immeuble, ainsi que l'étage
de l'appartement
la
présence éventuelle d'un ascenseur
la
surface habitable du logement et le
nombre de ses pièces principales
l'existence
d'annexes éventuelles son état
d'équipement : notamment, présence
d'eau courante, de WC intérieur, de
salle d'eau, de chauffage
la
période de construction de l'immeuble
l'indication selon laquelle le locataire
est dans les lieux depuis plus ou moins
de trois ans le montant du loyer mensuel,
hors charges, effectivement exigé
Où
trouver les références ?
Par
tous moyens : auprès des professionnels,
des associations de locataires ou de
propriétaires ou auprès de
l'observatoire des loyers dans les
agglomérations où il en existe un.
LE LOCATAIRE NE
PAIE PLUS SON LOYER : QUE FAIRE ?
Il
existe plusieurs recours en cas de loyers
impayés. L'expulsion est la solution
extrême, mais les aléas que présente
cette procédure peuvent inciter le
propriétaire à rechercher d'autres
voies pour régler les difficultés
rencontrées avec son locataire.
Si le
propriétaire a pris la précaution de
demander au locataire la caution d'un
tiers (un parent, par exemple), il a
intérêt à l'informer du non-paiement
du loyer dès le premier incident de
paiement.
Lorsque
le locataire perçoit une aide au
logement (allocation ou APL), le
propriétaire doit impérativement
signaler l'impayé à la Caisse
d'Allocations Familiales ou de Mutualité
Sociale Agricole. Il peut, en cas de
non-paiement total ou partiel de loyer
pendant deux mois consécutifs, obtenir
que l'aide soit versée entre ses mains
selon la procédure de la " tierce
opposition ".
Le
propriétaire peut proposer au locataire
un accord amiable écrit qui prévoit un
calendrier étalé sur quelques mois pour
le remboursement de la dette. Le respect
de ce plan d'apurement permet au
locataire de conserver son droit à une
aide au logement.
Le
propriétaire peut, avec l'autorisation
du juge, faire procéder à la saisie des
biens (saisie sur les meubles, saisie sur
les salaires) de son locataire pour se
faire payer au prorata de sa créance.
En cas
de loyers impayés résultant d'un bail
écrit, le propriétaire peut aussi faire
pratiquer, par acte d'huissier, une
saisie conservatoire sur le compte
bancaire du locataire. Cette procédure
simple permet au propriétaire de bloquer
le montant de l'impayé sur le compte
bancaire de son locataire.
Le
propriétaire peut, si sa demande est
justifiée, réclamer des loyers impayés
cinq ans après leurs échéances.
LA RESILIATION DU
BAIL ET L'EXPULSION
Une
clause " résolutoire " du
contrat peut permettre la résiliation du
bail pour non-paiement du loyer ou des
charges.
Dans
ce cas, pour obtenir le départ du
locataire :
Le
propriétaire doit faire délivrer par un
huissier un commandement de payer
comportant obligatoirement la
reproduction intégrale de l'article 24
de la loi du 6 juillet 1989. L'adresse du
Fonds de Solidarité Logement doit être
indiquée.
Le
locataire dispose alors de deux mois pour
payer intégralement sa dette.
A
défaut le propriétaire qui souhaite
obtenir l'expulsion doit l'assigner
devant le tribunal par huissier de
justice. A l'audience, deux mois au moins
après l'envoi de l'assignation, le juge
peut :
octroyer
des délais de paiement : le juge peut
accorder même d'office, au locataire en
situation de régler sa dette locative,
des délais de paiement pouvant aller
jusqu'à deux ans, pour apurer l'impayé.
Dans ce cas, le bail n'est pas résilié
;
ordonner
l'expulsion, assortie ou non, d'un délai
de grâce pour quitter les lieux (trois
mois à trois ans).
A
l'issue de ce délai, le propriétaire
doit signifier par huissier un
commandement de quitter les lieux au
locataire.
Si à
l'expiration des deux mois qui suivent ce
commandement, le locataire reste dans le
logement, le propriétaire peut demander
à l'huissier de procéder à
l'expulsion.
En cas
d'opposition du locataire, l'huissier
requérera le concours de la force
publique.
Lorsque
le propriétaire n'obtient pas le
concours de la force publique : il peut
demander une indemnisation au titre des
loyers non perçus, auprès du Tribunal
administratif.
Si le
bail ne contient pas de clause
résolutoire pour non-paiement des loyers
et charges, le propriétaire devra
assigner le locataire devant le Tribunal
d'Instance et demander au juge la
résiliation du bail et l'expulsion.
Le
locataire sera condamné à payer les
arriérés de loyers. Mais le juge pourra
estimer que le manquement du locataire au
paiement de ses loyers n'est pas
suffisamment grave pour justifier la
résiliation du bail et l'expulsion.
QUELS RECOURS POUR
LE LOCATAIRE EN DIFFICULTE ?
Afin
d'éviter une procédure d'expulsion ou
la saisie de ses biens, le locataire a
tout intérêt à rechercher une solution
amiable directement avec le propriétaire
en acceptant un plan d'apurement des
dettes.
Lorsqu'il
reçoit un commandement de payer
délivré par un huissier, le locataire
qui ne peut payer a intérêt à saisir
le Fonds de Solidarité Logement pour
demander une aide financière. Le
commandement de payer doit indiquer cette
possibilité.
Dans
chaque département, existe un Fonds de
Solidarité Logement (se renseigner à la
Caisse d'Allocations Familiales ou à
l'ADIL). Des aides financières, sous
forme de prêts ou de subventions,
peuvent être accordées.
Lorsque
le bail a été résilié par le juge du
Tribunal d'Instance, le locataire peut
demander des délais pour quitter le
logement (de trois mois à trois ans) au
juge de l'Exécution.
Le
locataire surendetté peut, pour le
paiement de sa dette, également
bénéficier de la loi sur le
surendettement des particuliers (loi
Neiertz) :
le
locataire saisit la commission
départementale de surendettement afin de
rechercher un accord amiable sur le
report ou l'échelonnement des arriérés
de loyers (se renseigner auprès de
l'ADIL ou du siège départemental de la
Banque de France) ;
si
aucune solution amiable n'est trouvée
devant la commission, le locataire peut
lui demander de recommander des mesures
dont le juge pourra prononcer
l'exécution d'office.
Pendant
la période d'hiver (1er novembre au 15
mars), aucune expulsion ne peut avoir
lieu, sans relogement, sauf s'il s'agit
d'un " squatter " ou d'un local
situé dans un immeuble ayant fait
l'objet d'un arrêté de péril.