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C'est un bail qui
porte sur des locaux dans lesquels le locataire,
membre d'une profession libérale, exerce
régulièrement une activité non commerciale
licite.
Ces baux ne sont
pas encore régis par un statut particulier,
contrairement aux baux commerciaux, aux baux
ruraux et aux baux d'habitation.
Ils bénéficient
d'une grande liberté de négociation, tous les
éléments du bail (hors disposition d'ordre
public) pouvant être discutés.
ASPECTS JURIDIQUES
Généralités
Le
bailleur doit préalablement vérifier
que l'affectation professionnelle qu'il
envisage de donner à son local n'est
interdite ni par la Loi, ni par un
éventuel règlement de copropriété.
A
Paris et 50 km alentour, ainsi que dans
les communes comptant plus de 10.000
habitants, la transformation de locaux
d'habitation en locaux à usage
professionnel est, en principe,
interdite.
Une
autorisation administrative préalable
(Préfet, après avis du Maire) est, dans
tous les cas, nécessaire; même en cas
d'affectation des locaux à un usage
mixte (habitation et professionnel).
Cette
autorisation est individuelle et non
transmissible.
Par
ailleurs, le locataire aura intérêt à
s'assurer qu'il aura la possibilité
d'apposer en toute liberté une plaque
professionnelle à l'entrée de
l'immeuble.
Baux à usage mixte
Ces
baux sont désormais régis par la Loi du
6 Juillet 1989 dite "Loi
Mermaz".
Le
contrat de location doit être écrit, et
un état des lieux doit y être annexé.
Il
doit obligatoirement contenir les
mentions suivantes :
description
et destination des lieux
désignation
des locaux à jouissance exclusive
désignation
des parties et équipement(s) d'usage
commun
prix
et termes du paiement du loyer
règles
de révision du loyer
date
d'effet et durée du contrat
montant
du dépôt de garantie.
La
durée du bail est au minimum de 3 ans
pour les bailleurs physiques (et S.C.I.),
et de 6 ans pour les bailleurs personnes
morales.
En cas
de renouvellement, la durée minimale du
bail renouvelé est également de 3 ou 6
ans.
Le
locataire peut résilier le bail à tout
moment, en respectant un préavis de 3
mois.
Le
locataire a droit au renouvellement de
son bail à l'arrivée de son terme.
Le
bailleur ne peut refuser ce
renouvellement que pour 3 motifs :
motif
légitime et sérieux (inexécution, par
le locataire, de l'une des obligations
lui incombant)
vente
du logement; le locataire bénéficie
alors d'un droit de préemption, sauf en
cas de vente entre parents jusqu'au 3°
degré
reprise
par le bailleur, son conjoint ou son
concubin, ou leurs ascendants ou
descendants.
Le
bailleur doit donner congé au locataire
par Lettre Recommandée avec Accusé de
Réception ou par huissier, six mois au
moins avant le terme du contrat.
A
défaut de congé, le bail est tacitement
reconduit, à moins que le bailleur n'ait
émis une offre de renouvellement.
Le
locataire ne peut céder son bail, ou
sous-louer, sauf accord exprès et écrit
du bailleur.
Le
loyer peut être fixé librement en cas :
de
logement neuf
de
logement vacant soumis antérieurement à
la Loi du 1/9/48 et remis aux normes du
décret du 6/3/87
de
logement conforme à ce décret et loué
pour la première fois, ou ayant subi des
travaux depuis moins de 6 mois.
Dans
les autres cas, le loyer doit être fixé
par référence au prix du marché.
Baux exclusivement
professionnels
Ils
échappaient, jusqu'à la Loi
"Mermaz", à toute
réglementation.
Depuis
le 6 Juillet 1989, ils doivent cependant
respecter les conditions suivantes :
Le
bail professionnel est obligatoirement
écrit.
La
durée du bail est au moins égale à 6
ans.
Au
terme du contrat, le bail est reconduit
tacitement pour la même durée, sauf
dénonciation expresse, par le bailleur
ou le locataire, 6 mois avant
l'expiration.
Le
locataire n'est donc absolument pas
protégé. Il n'a droit à aucune
indemnité en cas de non renouvellement.
Il est
donc particulièrement recommandé, au
candidat locataire, de faire insérer une
clause interdisant au bailleur, en cas de
non renouvellement, de relouer à un
nouveau locataire exerçant la même
profession, ou de reprendre le local pour
exercer lui-même la profession objet du
bail initial.
En
revanche, le locataire peut résilier le
bail à tout moment, en respectant un
préavis de 6 mois.
Le
loyer est totalement libre. Il peut être
indexé.
En
principe, le locataire peut sous-louer ou
céder son bail librement, sauf si une
clause du bail le lui interdit.
En cas
de vente de l'immeuble, le nouveau
propriétaire ne peut pas expulser le
locataire qui possède un bail notarié
ou enregistré.
Vers un
véritable statut des baux professionnels
?
Dans
la lignée de la Loi "Mermaz"
du 6 Juillet 1989, venue instaurer un
minimum de réglementation, un nouveau
projet de Loi a été présenté au
Conseil des Ministres du 2 Mai 1990.
Il
vise à instituer un véritable statut
des baux professionnels, qui se
substituerait au statut minimum de la Loi
du 6 Juillet.
Ce
projet, dont l'objet essentiel est
d'offrir des garanties plus grandes aux
professions libérales exerçant leur
activité dans des locaux loués,
prévoit les mesures suivantes :
Le
contrat de location, qui devrait être
écrit comme le prévoyait déjà la Loi
du 6 Juillet, préciserait les points
suivants :
la
date de prise d'effet et la durée
la
consistance et la destination de la chose
louée
le
montant du loyer, les modalités de son
paiement, les règles de révision
les
charges récupérables sur le locataire.
La
durée du contrat resterait de six
années.
Le
preneur pourrait résilier le bail au
terme de chaque année du contrat, et non
plus à tout moment comme le prévoyait
la Loi de 1989.
Le
contrat de location reconductible
tacitement, pour une même durée, ne
pourrait être résilié à l'initiative
du bailleur que pour certains motifs,
très fortement inspirés de la
réglementation sur les baux
d'habitation, à savoir :
pour
un motif légitime et sérieux
(non-paiement des loyers,...)
la
décision de vendre, avec un droit de
préemption au profit du locataire
la
reprise pour habiter ou pour exercer une
activité professionnelle (avec l'accord
du locataire, si elle est identique à
celle de celui-ci).
La
révision du loyer ne pourrait jamais
conduire à une hausse supérieure à la
variation de l'indice du coût de
construction publié par l'INSEE.
Lors
de son renouvellement, le nouveau loyer
devrait tenir compte des loyers
pratiqués dans le voisinage pour des
locaux similaires, et être fixé en
conséquence.
Ce
texte, s'il finit par être voté par le
Parlement, sera une avancée notable
quant aux garanties accordées aux
professionnels libéraux locataires, qui
restent les seuls à ne pas bénéficier
d'une réglementation spécifique.
Il
marquera néanmoins un recul sensible des
droits des propriétaires. Le marché des
locaux professionnels risque donc de
devenir plus difficile, avec à la clé,
une augmentation du prix des locations.
A ce
jour, ce projet de Loi n'a toujours pas
été voté. Ce sont les dispositions
exposées ci-avant qui continuent à
s'appliquer.
Baux commerciaux
Rien
n'interdit, à un professionnel libéral,
d'exercer dans un local commercial avec
un bail 3,6,9.
Cependant,
il n'aura pas droit au renouvellement
comme pourrait y prétendre un
commerçant, sauf convention contraire.
ASPECTS FISCAUX
Régimes
fiscaux applicables aux Propriétaires en
matière d'impôts directs
Selon
la nature du bien donné en location :
Bail
de locaux nus : le loyer constitue un
revenu foncier.
Bail
de locaux équipés : le loyer est une
recette commerciale, soumise au régime
des bénéfices industriels ou
commerciaux.
Selon la personnalité
juridique du bailleur :
a) Si
le bailleur est une personne physique ou
une S.C.I. :
Dans le cas de locaux nus :
Le
bailleur, personne physique, doit remplir
annuellement une déclaration modèle
2044, jointe à la déclaration
d'ensemble des revenus.
La
S.C.I. doit établir une déclaration
annuelle modèle 2072.
Le
revenu net dégagé est imposé au nom
des associés au prorata de leurs droits
et déclaré par eux, avec la
déclaration d'ensemble de leurs revenus,
à l'aide d'une déclaration 2044.
Dans le cas de locaux
équipés ou meublés :
Le
revenu net fait l'objet d'une
déclaration de bénéfice commercial qui
peut être de trois types :
modèle
951 (régime du forfait)
modèle
2033 S (régime du réel simplifié)
modèle
2031 (régime du réel normal)
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