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L'enfant légitime
est l'enfant né pendant le mariage de
ses parents. La filiation légitime s'établit
automatiquement, en principe, par simple
déclaration de la naissance à
l'officier de l'état civil. L'enfant déclaré
à l'officier de l'état civil comme étant
celui d'une femme mariée est
automatiquement rattaché au mari de
celle-ci.
Qu'est-ce
que la présomption de paternité ?
La loi du
3/1/72 a réduit le champ de la présomption
aux hypothèses où la paternité du mari
est la plus vraisemblable. Ainsi :
L'enfant conçu pendant le mariage est légitime.
L'enfant d'une femme mariée né au plus
tôt 180 jours après la célébration du
mariage et au plus tard 300 jours après
la dissolution du mariage est présumé
conçu dans le mariage, donc légitime.
L'enfant né
plus de 300 jours après la dissolution
du mariage est présumé conçu hors
mariage et n'est donc pas légitime. La règle
vaut lorsque le mariage est dissous par décès,
divorce ou par absence déclarée du mari.
L'enfant
conçu avant la célébration du mariage
mais né après celle-ci est légitime.
L'enfant né d'une femme mariée moins de
180 jours après la célébration du
mariage est légitime et réputé l'avoir
été dès sa conception.
A noter
La
filiation légitime est indivisible :
l'enfant d'une femme mariée qui n'est
pas l'enfant du mari de celle-ci est un
enfant naturel. En revanche, l'enfant qui
établit être l'enfant d'une femme mariée
établit par là même la paternité du
mari.
Bon à
savoir
Dans le
cas d'un enfant conçu pendant une période
de séparation légale ou si l'enfant est
inscrit à l'état civil sans indication
du nom du mari, la présomption de
paternité est peu vraisemblable et donc
écartée.
Comment
peut-on prouver la filiation légitime ?
En
l'absence de contentieux, la filiation légitime
se prouve par l'acte de naissance . La
preuve par la possession d'état (on
estime que celui qui se comporte comme le
père ou la mère est vraisemblablement
le père ou la mère véritable) permet
de suppléer un titre inexistant ou
introuvable. Lorsque l'enfant dispose
d'un acte de naissance et d'une
possession d'état conforme, sa filiation
ne peut être combattue que par l'action
en désaveu de paternité.
La
paternité légitime peut-elle être
contestée ?
La
contestation de la paternité légitime
est aujourd'hui facilitée par la
possibilité de faire la preuve positive
ou négative de la paternité biologique
du mari. L'action peut être intentée
par le mari, par la mère ou par d'autres
personnes. [P] Toutefois, les conditions
de cette contestation sont plus ou moins
strictes selon que la filiation de
l'enfant est établie par le titre (acte
de naissance) et la possession d'état
d'enfant légitime ou par le titre
seulement.
Si
l'enfant a le titre et la possession
d'enfant légitime : Le désaveu de
paternité peut être fait par le mari et
sous certaines conditions par ses héritiers.
Elle doit être intentée dans les 6 mois
de la naissance, si le mari se trouvait
sur les lieux, ou dans les 6 mois de son
retour s'il a été éloigné, ou encore
dans les 6 mois de la découverte de la
naissance si celle-ci avait été cachée.
Le mari de la mère doit alors faire la
preuve de sa non-paternité. Si l'action
en désaveu aboutit, l'enfant devient un
enfant naturel à l'égard de la mère.
La
contestation de paternité par la mère
de l'enfant permet de détacher l'enfant
du premier mari de la mère pour le
rattacher au second mari. L'enfant reste
donc un enfant légitime. Elle est
ouverte après dissolution du premier
mariage, si la mère se remarie avec le véritable
père de l'enfant. Elle doit être joint
à une demande de légitimation de
l'enfant vis-à-vis du second mariage.
Elle ne peut être intentée que dans les
6 mois du remariage avant que l'enfant
n'ait atteint l'âge de 7 ans. Par véritable
père, la loi entend père biologique de
l'enfant.
Si
l'enfant a le titre mais non la
possession d'état d'enfant légitime :
Lorsque l'enfant est né avant le 180e
jour du mariage, l'enfant est légitime,
mais le mari peut le désavouer sur le
simple constat de la date de
l'accouchement, à moins qu'il n'ait
connu la grossesse ou qu'il ne se soit,
après la naissance, comporté comme le père.
L'enfant légitime dont la filiation est
établie par le seul acte de naissance
peut faire l'objet d'une reconnaissance
par son véritable père. Toute personne
peut par ailleurs contester la paternité
du mari si le titre de naissance et la
possession d'état d'enfant légitime
sont en contradiction ou si l'un de ces
deux éléments fait défaut.
Bon à
savoir
L'insémination
artificielle avec le sperme d'un tiers
faite avec le consentement du mari n'empêche
pas ce dernier de désavouer l'enfant.
Toutefois, le mari pourrait alors engager
sa responsabilité sur le fondement de
l'article 1382 du code civil et être
condamné à des dommages et intérêts
au bénéfice de l'enfant en considérant
qu'il a causé à ce dernier un préjudice
matériel et moral.
A noter
Dans les
actions relatives à la filiation, c'est
le tribunal de grande instance qui est
compétent. L'assistance d'un avocat est
obligatoire.
Référence
: Code civil : Art. 311 s. |