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Pour faire
très simple, disons que le divorce a
évolué au même rythme que l'emprise de
la religion sur l'Etat.
Rupture
juridique de l'union conjugale, le
divorce est déjà cité dans la Bible,
assorti de réserves.
Mais les
Evangiles en refusent l'idée, sauf en
cas d'adultère ou de non-consommation,
et donc de faute, car le mariage est un
sacrement. Le principe est alors
l'indissolubilité.
Il est
probable qu'il s'agissait en partie d'une
réaction à l'abus des Romains. Car ceux
ci avaient accès au divorce par
consentement mutuel, mais utilisaient
beaucoup le divorce répudiation ! Ce
dernier était à sens unique, au profit
du mari qui disposait ainsi de sa femme.
Le divorce
réapparaît vraiment avec la
révolution. Les philosophes et les
humanistes y sont favorables et
développent des idées nouvelles :
Pouvoir
casser le mariage permettra de relancer
la natalité ; Il faut supprimer ce
pouvoir de la religion sur d'individu ;
Le mariage n'est qu'un contrat qui doit
pouvoir trouver une fin...
Ainsi,
après quelques années, un mariage
urbain sur trois finira par une
séparation légale.
Le retour
de la monarchie, en 1816, restaure la
religion d'Etat. Le divorce, "
poison révolutionnaire " est de
nouveau interdit, et le mariage redevient
indissoluble.
Ce n'est
qu'après l'instauration de la 3ème
république que Naquet reprend, en 1884,
l'idée de mariage contrat. Malgré la
séparation de l'église et de l'Etat, en
1901, la loi ne changera pas notablement
durant près d'un siècle( sauf durant la
seconde guerre mondiale ). Une
procédure, assez simple, mène les
époux au tribunal et, après une
tentative de conciliation, le juge
décide du bien fondé de la demande et
déclare le divorce aux torts de l'un ou
des deux conjoints. Puisqu'il s'agit de
torts, le principe est celui de fautes,
à prouver par l'un ou les deux
demandeurs, ce qui ne manqua pas de
créer des situations tantôt tendues,
tantôt burlesques en cas d'arrangements.
Dans le
cadre des modifications du droit
familial, après 1968, la loi du 11
juillet 1975 intègre enfin la notion de
divorce par consentement mutuel. Dès
lors, il n'est plus obligatoires de
prouver, ou d'inventer, les fautes de son
conjoint.
L'évolution
du nombre de divorce, qui s'accélère
déjà depuis 1965, ne cesse alors de
grimper.
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