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Il faut
distinguer les voies de recours
ordinaires, que sont l'appel et
l'opposition, et les voies de recours
extraordinaires, que sont la tierce
opposition, le recours en révision et le
pourvoi en cassation. Selon les cas, le
recours se fait dans une procédure
civile ou une procédure pénale.
La
procédure civile
Quels sont
les jugements susceptibles d'appel ?
L'appel
est un recours permettant à une partie
mécontente de la décision prise contre
elle en premier ressort de soumettre
l'affaire à une juridiction supérieure
pour que l'affaire soit rejugée. Les
jugements susceptibles d'appel sont donc
ceux rendus en premier ressort. Excepté
pour les jugement liés à un contentieux
du travail ou à une expropriation,
l'appel se déroule devant la cour
d'appel et nécessite l'assistance d'un
avocat et d'un avoué à la Cour.
En
général, les délais pour entamer une
procédure d'appel sont de : 1 mois à
compter de la notification du jugement,
dans le cas d'un jugement rendu par le
tribunal de grande instance, le tribunal
d'instance, le conseil de Prud'hommes, le
tribunal de commerce, le tribunal
paritaire des baux ruraux ; 15 jours dans
le cas d'une ordonnance rendue par le
juge de la mise en état, le juge des
référés, le juge aux affaires
familiales et le juge de l'exécution.
A noter
:En principe, les délais pour entamer un
recours s'entendent à partir de la
notification du jugement.
Attention
: Une personne qui se laisserait
condamner une seconde fois par défaut ne
pourrait pas former une nouvelle
opposition.
Bon à
savoir : Il y a double degré de
juridiction lorsqu 'un appel peut être
formé contre une décision de première
instance. C'est une garantie pour les
justiciables.
Dans quel
cas peut-on faire opposition ?
L'opposition
est un recours permettant à une personne
contre laquelle a été rendu un jugement
par défaut (c'est-à-dire lorsqu'elle
n'a pas comparu devant le tribunal) de
saisir à nouveau le même tribunal pour
que soit rejugée l'affaire.
Les
délais sont de : 1 mois pour un jugement
rendu par le tribunal de grande instance,
le tribunal d'instance, le conseil de
Prud'hommes et le tribunal de commerce ;
15 jours dans le cas d'un jugement rendu
en référé .
Qu'est-ce
que la tierce opposition ?
La tierce
opposition permet aux personnes qui n'ont
été ni parties ni représentées dans
une instance d'attaquer un jugement qui
leur porte préjudice. Elle se déroule
devant la juridiction qui a prononcé le
jugement concerné et la décision peut
être rendue par les mêmes magistrats.
Le délai d'action est de 30 ans à
compter du jugement. Ce délai s'explique
par le fait qu'en matière contentieuse,
le jugement n'étant pas notifié aux
tiers, ceux-ci peuvent n'en avoir
connaissance que longtemps après.
Qu'est-ce
que le recours en révision ?
Le recours
en révision permet de faire rétracter
un jugement passé en force de chose
jugée afin qu'il soit à nouveau statué
en fait et en droit. Seules les personnes
qui ont été parties ou représentées
lors du jugement peuvent demander la
révision, et uniquement dans les cas
suivants : s'il se révèle, après le
jugement, que la décision a été
surprise par la fraude de la partie au
profit de laquelle elle a été rendue ;
si, depuis le jugement, il a été
découvert des pièces décisives qui
avaient été retenues par le fait d'une
autre partie ; s'il a été jugé sur des
attestations, des témoignages ou des
serments déclarés faux judiciairement
depuis le jugement ; s'il a été jugé
sur des pièces reconnues ou déclarées
fausses depuis le jugement. Le délai
d'action est de 2 mois à compter du jour
où la partie a eu connaissance de la
cause de révision qu'elle invoque.
Comment
est ouvert le pourvoi en cassation ?
Le pourvoi
en cassation a pour objectif de faire
censurer par la Cour de cassation la
non-conformité d'un jugement aux règles
de droit. La cour ne rejuge pas l'affaire
mais examine la légalité de la
décision rendue et, en cas de cassation,
la renvoie devant une juridiction
territorialement différente de celle qui
a prononcé le jugement pour qu'elle soit
à nouveau jugée. Le pourvoi n'est
ouvert qu'à l'encontre de jugements
rendus en dernier ressort. Le délai
d'action est de 2 mois à compter de la
notification de la décision pour former
un pourvoi.
A noter
Les arrêts rendus par la Cour de
cassation ne sont pas susceptibles
d'opposition.
Bon à
savoir :La Cour de cassation est
subdivisée en six chambres : cinq
chambre civiles (dont une consacrée aux
affaires commerciales et une aux affaires
sociales) et une chambre criminelle.
La
procédure pénale
Quels sont
les délais en matière pénale ?
Les voies
de recours dans le cas d'une affaire
pénale sont les mêmes que pour une
affaire relevant d'une procédure civile.
Néanmoins, les délais sont de : 10
jours à compter du prononcé du jugement
contradictoire pour faire opposition d'un
jugement rendu par un tribunal
correctionnel ou un tribunal de police ;
5 jours pour entamer un pourvoi en
cassation, à compter du prononcé de la
décision.
Comment
faire opposition dans une affaire
pénale?
L'opposition
doit être portée à la connaissance du
ministère public qui en informera la
partie civile par lettre recommandée
avec accusé de réception. Seul le
prévenu peut faire opposition. Si la
personne qui fait opposition est
détenue, l'opposition peut être faite
par déclaration au chef de
l'établissement pénitentiaire. La
déclaration doit être signée par
l'opposant. Elle sera ensuite remise au
ministère public près la juridiction
qui a rendu le jugement concerné.
Comment
est exercé le droit d'appel ?
Les
jugements rendus en matière
correctionnelle peuvent être attaqués
par la voie d'appel. Peuvent faire appel
: le prévenu, la personne civilement
responsable (pour les intérêts civils
uniquement), la partie civile (pour ses
intérêts civils uniquement), le
procureur de la République, les
administrations publiques dans le cas où
elles exercent l'action publique, le
procureur général près la cour
d'appel. La déclaration d'appel doit
être faite au greffier de la juridiction
qui a rendu le jugement attaqué. Elle
doit être signée par le greffier et par
la personne qui fait appel ou par un
avoué près la juridiction qui a statué
ou encore par un avocat ou un fondé de
pouvoir spécial.
Quelles
sont les conditions du pourvoi en
cassation ?
Peuvent
faire l'objet d'un pourvoi en cassation
devant la chambre criminelle les
décisions émanant du tribunal de
police, du tribunal correctionnel, de la
cour d'appel, de la chambre d'accusation
et de la cour d'assises ainsi que les
décisions rendues en dernier ressort.
Les arrêts d'acquittement prononcés par
la cour d'assises ne peuvent faire
l'objet d'un pourvoi que dans l'intérêt
de la loi. Il ne peut pas porter
préjudice à la partie acquittée. La
déclaration de pourvoi doit être faite
au greffier de la juridiction qui a rendu
le jugement attaqué. Elle doit être
signée par le greffier et par la
personne qui fait la demande de
cassation. Par ailleurs, le demandeur
doit notifier son recours au ministère
public et aux autres parties par lettre
recommandée avec accusé de réception
dans les 5 jours.
A noter :
Que ce soit en appel ou en cassation, si
le demandeur est détenu, la déclaration
peut être faite auprès du chef de
l'établissement pénitentiaire qui la
constatera, la datera et la signera avant
de la remettre au greffe de la
juridiction qui a rendu la décision
attaquée.
A signaler
:La décision qui fait l'objet d'un
recours en cassation n'est pas exécutée
tant que l'arrêt de la Cour de cassation
n'est pas rendu : c'est l'effet suspensif
du pourvoi. -
Dans quels
cas une décision peut-elle être
déclarée nulle ?
Les
arrêts de la chambre d'accusation ainsi
que les arrêts et jugements rendus en
dernier ressort par les juridictions de
jugement peuvent être déclarés nuls :
lorsqu'ils n'ont pas été rendus par le
nombre de juge prescrit ; lorsqu'ils ont
été rendus par des juges n'ayant pas
assisté à toutes les audiences de la
cause ; lorsqu'ils ont été rendus sans
que le ministère public ait été
entendu : lorsqu'ils n'ont pas été
rendus ou délibérés en audience
publique (sous réserve des exceptions
prévues par la loi) ; s'ils ne
contiennent pas de motifs ou si leurs
motifs sont insuffisants et ne permettent
pas à la Cour de cassation d'exercer son
contrôle et de vérifier si la loi a
été respectée ; lorsqu'ils ne se sont
pas prononcés soit sur une ou plusieurs
demandes des parties, soit sur une ou
plusieurs réquisitions du ministère
public.
Comment se
font les demandes en révision ?
Une
personne reconnue coupable d'un crime ou
d'un délit peut demander la révision du
jugement : si, après une condamnation
pour homicide, peuvent être présentées
des pièces propres à faire naître des
indices suffisants sur l'existence de la
prétendue victime ; si après une
condamnation pour crime ou délit, un
nouvel arrêt ou jugement contradictoire
a été prononcé à l'encontre d'une
autre personne pour le même fait;
Lorsque l'un des témoins entendus a
été poursuivi et condamné, après le
jugement, pour faux témoignage; si un
élément nouveau ou inconnu au jour du
procès se produit et peut faire naître
un doute sur la culpabilité du
condamné. Peuvent demander la révision
, le ministre de la Justice, le condamné
ou, en cas d'incapacité, son
représentant légal, les ayants droit du
condamné si celui-ci est décédé entre
temps.
Attention
: Avant de statuer au fond, la Cour de
cassation recherche si le pourvoi a été
régulièrement formé. Dans le cas
contraire, elle rend un arrêt
d'irrecevabilité ou un arrêt de
déchéance. Elle peut aussi rendre un
arrêt de rejet si elle juge que le
pourvoi est recevable mais mal fondé.
Nouveau
code de procédure civile : Art. 527 s.
Code de
procédure pénale : Art. 567 s.
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