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Pour engager un procès
pénal, il faut que l'infraction commise
ait directement causé un préjudice
corporel, matériel ou moral à la
victime. Un procès pénal se juge devant
une juridiction pénale : tribunal de
police s'il s'agit d'une contravention,
tribunal correctionnel s'il s'agit d'un
délit, cour d'assises s'il s'agit d'un
crime.
A noter : Il est
préférable que les victimes se rendent
dans le commissariat du lieu de
l'infraction pour porter plainte. Il sera
plus facile pour les policiers de
recueillir les preuves et les
témoignages.
Attention : Si l'adversaire
bénéficie d'un non-lieu ou est
acquitté, il peut demander au tribunal
de condamner le demandeur à lui verser
des dommages et intérêts pour action
abusive, ou même à une peine de prison,
pour dénonciation calomnieuse.
Qui peut engager un procès
pénal ?
Quiconque est victime ou
témoin d'une infraction peut en informer
le procureur de la République
directement, ou en faisant une
déclaration auprès du commissariat de
police ou de la brigade de gendarmerie.
Le fait de relater une
infraction ne constitue pas une plainte
en soi. Il faut déposer une plainte
officielle signée, dans laquelle sont
précisés : l'état civil de la victime,
les faits qui sont à l'origine de la
plainte, le nom de la personne coupable
de l'infraction. Dans le cas où l'auteur
de l'infraction n'est pas connu, la
plainte est déposée contre X.
La déclaration doit être
accompagnée, dans la mesure du possible,
de pièces justificatives telles que :
factures de réparation des dégâts
matériels, arrêt de travail.
Enfin, pour engager un
procès pénal, il ne faut pas avoir
dépassé la prescription de l'infraction
:1 an pour une contravention,3 ans pour
un délit, 10 ans pour un crime.
Quelles sont les
possibilités d'action ?
Pour engager un procès
pénal, on peut : Saisir directement la
juridiction concernée lorsque les faits
sont simples : c'est la citation directe.
Il s'agit d'un acte d'huissier invitant
l'auteur de l'infraction à comparaître
devant le tribunal. Il faut pour cela
disposer de tous les éléments prouvant
l'infraction et l'étendue du préjudice
subi, et connaître l'identité de
l'auteur de l'infraction.
Dans le cas d'un crime ou
d'un délit, ou si l'affaire est plus
complexe, il est préférable de porter
plainte et de se constituer partie civile
devant le juge d'instruction du tribunal
de grande instance du lieu de
l'infraction ou du domicile de son
auteur.
Le plaignant peut se
constituer partie civile en cours de
procédure ou avant l'audience en
envoyant une lettre recommandée avec
accusé de réception au tribunal et en
joignant les pièces justificatives.
Que faire si le procureur
classe l'affaire sans suite ?
Si le procureur classe
l'affaire sans suite et que la victime
conteste ce classement, il est possible
d'adresser un courrier au procureur pour
lui demander de revoir sa décision, à
condition toutefois de pouvoir invoquer
des arguments suffisants. Dans les cas
les plus graves, on peut faire un recours
hiérarchique devant le procureur
général ou le garde des Sceaux.
Quels sont les frais ?
Lors d'une citation directe
ou d'une constitution de partie civile,
une somme d'argent doit être déposée
au greffe. Cette somme est fixée par le
juge d'instruction s'il y a constitution
de partie civile ou par le tribunal s'il
s'agit d'une citation directe. Le montant
déposé au greffe est restitué à la
victime si elle gagne le procès. Dans le
cas contraire, il sert à couvrir les
frais de procédure.
Que faire en cas d'urgence ?
Le référé est un moyen
rapide et simple pour obtenir des mesures
en cas d'urgence. Il faut : s'adresser au
greffe du tribunal concerné pour fixer
la date de l'audience dans les cas très
urgents, l'audience peut avoir lieu un
jour férié ; faire signifier par
huissier de justice la date et l'heure de
l'audience à son adversaire. Les deux
parties comparaissent et sont entendues
par le juge des référés. Ce dernier
rend sa décision sur le champ sous forme
d'ordonnance. L'ordonnance est exécutive
dès sa signification, parfois
immédiatement. Les mesures prises au
cours d'un référé sont toutefois
provisoires. Le juge ne se prononce
jamais sur le fonds du litige et, au
cours du procès, le juge de fonds
pourrait prendre une décision contraire.
Quels sont les avantages par
rapport au procès civil ?
Le procès pénal, plus
complexe que le procès civil, présente
certains avantages : il est plus rapide ;
il est moins coûteux ; il est plus
efficace : le juge d'instruction peut
apporter plus facilement la preuve des
faits reprochés. Il est également plus
impressionnant qu'un procès civil : la
menace d'une sanction pénale peut
contribuer au règlement anticipé du
préjudice par l'auteur de l'infraction ;
il est plus intéressant financièrement
: le tribunal peut attribuer des dommages
et intérêts aux victimes même lorsque,
par exemple, l'auteur d'un accident de la
circulation est relaxé. On peut aussi
obtenir, dans certains cas, le règlement
par l'État de tout ou partie du
préjudice.
A noter : Le juge
d'instruction peut mettre en examen (la
mise en examen a remplacé l'inculpation)
toute personne soupçonnée d'avoir
participé aux faits condamnables dont il
est saisi.
Bon à savoir : On peut
faire appel dans un délai de 10 jours
d'un jugement du tribunal de police ou
d'un jugement correctionnel mais pas d'un
arrêt de la Cour d'assises. Le seul
recours est le pourvoi en cassation qui
doit être fait dans un délai de 5
jours.
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