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Les juridictions
administratives (tribunal administratif,
cour administrative d'appel et Conseil
d'État) sont en principe compétentes
pour juger tous les litiges opposant
l'administration à un particulier.
Dans quels cas doit-on
s'adresser à une juridiction
administrative ?
On s'adresse à une
juridiction administrative lorsque l'on
veut : faire annuler une décision de
l'administration (un refus de permis de
construire par exemple), obtenir la
réparation d'un dommage causé par
l'activité de l'administration.
A quel tribunal s'adresser ?
En principe, il faut saisir
le tribunal dans le ressort duquel
l'autorité qui a pris la décision
contestée a son siège. Il existe
néanmoins un certain nombre d'exceptions
et il faut saisir : le tribunal du lieu
de résidence si le litige est lié à la
reconnaissance d'une qualité, d'une
décoration, d'un emploi réservé ou
dans le cas d'une décision individuelle
prise par l'administration en vertu de
ses pouvoirs de police ; le tribunal du
lieu où se situe l'immeuble dans le cas
d'un problème d'urbanisme ; le tribunal
de son lieu d'affectation si le plaignant
est un fonctionnaire qui conteste une
décision concernant sa carrière et sa
rémunération ; le tribunal du lieu où
s'est produit le dommage lorsqu'on en
demande réparation à l'administration.
L'assistance d'un avocat
est-elle obligatoire ?
En principe, il faut se
faire assister d'un avocat devant les
tribunaux administratifs. Toutefois, cela
n'est pas obligatoire dans les cas
suivants : recours en annulation, litige
lié à une pension ou concernant les
contributions directes, litige individuel
concernant un fonctionnaire,
contravention de grande voirie, litiges
concernant les travaux publics, ou encore
lorsque le défendeur est une
collectivité territoriale.
A noter : Le tribunal
administratif statuant en premier
ressort, il est toujours possible de
saisir la juridiction supérieure,
c'est-à-dire la cour administrative
d'appel.
Attention : Les délais dans
le cadre de la procédure administrative
sont particulièrement longs.
Bon à savoir : On peut à
la fois demander l'annulation d'un acte
et la réparation d'un préjudice.
Quels sont les délais
d'action ?
Il n'est pas possible de
porter directement le litige devant le
juge administratif. Ce dernier doit en
effet être saisi d'une décision
administrative, sauf s'il s'agit de
dommages de travaux publics. Avant
d'engager la procédure, il faut être en
possession d'une décision négative de
l'administration, appelée décision
préalable.
Dans le cas d'une demande
d'annulation d'un acte de
l'administration (décret, arrêté
municipal), le texte contesté constitue
en lui-même la décision préalable.
L'administré dispose alors d'un délai
de 2 mois à compter du jour où la
décision a été publiée ou portée à
sa connaissance pour agir.
Dans les autres cas, c'est
le refus de l'administration d'accorder
une indemnité ou son absence de réponse
au bout de 4 mois qui constituent une
décision préalable tacite.
L'administré dispose d'un délai de 2
mois pour former son recours à partir de
la date de la réponse de
l'administration ou après les 4 mois de
délai sans réponse.
Comment formuler sa requête
?
Il vaut mieux formuler sa
requête par lettre recommandée avec
accusé de réception en précisant : les
circonstances de l'affaire, la nature de
la demande.
Il faut également : joindre
la décision attaquée ou la preuve
qu'une demande laissée sans réponse a
été faite ; chiffrer sa demande ;
indiquer les arguments de droit.
A noter : la procédure est
essentiellement écrite et non orale.
Comment faire appel ?
Après délibéré, le
jugement est communiqué à la personne
par lettre recommandée. Si elle n'est
pas satisfaite, elle peut faire appel.
Tous les appels doivent être portés
devant les cours administratives d'appel
dans un délai de 2 mois à compter du
jour où la notification du jugement de
première instance a été faite.
Quel est le rôle du Conseil
d'État ?
Le Conseil d'État est juge
d'attribution en premier et dernier
ressort dans le cas : d'un recours en
annulation contre un décret, d'un
recours contre un acte administratif
unilatéral dont le champ d'application
dépasse le ressort d'un seul tribunal
administratif, d'un recours en annulation
contre un acte réglementaire d'un
ministre, d'un recours pour excès de
pouvoir contre une décision
administrative prise par un organisme
collégial à compétence nationale.
Le Conseil d'État est juge
en appel pour : les litiges liés aux
élections municipales et cantonales, les
recours pour excès de pouvoir contre les
actes réglementaires. Le recours en
cassation est possible devant le Conseil
d'État contre les arrêts rendus par les
cours administratives d'appel. Le pourvoi
en cassation doit être formé dans un
délai de 2 mois à compter de la
notification de l'arrêt.
Attention : L'appel n'a pas
d'effet suspensif, ce qui signifie que le
jugement du tribunal administratif est
immédiatement exécutoire.
A signaler : L'aide
juridictionnelle peut être demandée
devant les tribunaux administratifs et
les cours administratives d'appel.
Référence : Code des
tribunaux administratifs et des cours
administratives d'appel
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