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L'arbitrage est une
procédure simple qui permet de régler
un litige sans passer par le tribunaux,
en confiant le différend à un ou
plusieurs particuliers choisis par les
parties.
Qui peut en bénéficier ?
Toute personne privée et
toute entreprise opposées par un litige
à condition : que les parties soient
d'accord toutes les deux pour recourir à
l'arbitrage. Cet accord peut être
énoncé : soit par une " clause
compromissoire " incluse dans le
contrat liant les parties, et qui
prévoit le recours à l'arbitrage en cas
de litige. Elle doit être stipulée par
écrit, désigner le ou les arbitres et
prévoir leur mode de désignation sous
peine de nullité. Si ces conditions ne
sont pas remplies, seule la clause
compromissoire est nulle mais le contrat
principal subsiste ; soit par un "
compromis d'arbitrage ", qui est un
contrat signé après la naissance du
conflit, dans lequel les parties
s'accordent pour recourir à l'arbitrage
; et que le conflit ne soit pas : un
conflit relatif à l'état et à la
capacité des personnes (exemple :
filiation), un conflit concernant le
divorce ou la séparation de corps, une
contestation intéressant une
collectivité ou un établissement
public, un conflit portant sur une chose
hors du commerce ou contraire à l'ordre
public et aux bonnes murs, un
litige relevant impérativement d'une
juridiction particulière (exemple : un
litige relatif à un licenciement qui ne
peut être réglé que par le conseil de
prud'hommes).
Peuvent donc être soumis à
l'arbitrage des conflits relatifs à la
consommation (litige avec un
commerçant), au règlement d'une
succession, mais aussi des conflits entre
locataires et bailleurs, certains
conflits entre employés et employeurs,
etc.
À noter : Le sentence
arbitrale est susceptible d'appel, sauf
si les parties ont décidé d'y renoncer
par avance. Dans ce cas, l'arbitre,
appelé " amiable compositeur
", statue en dernier ressort.
À signaler : L'arbitrage
est une procédure admise en matière de
conflits internationaux, ce qui permet
aux parties, qui sont parfois des États,
de gagner beaucoup de temps.
Quel est l'avantage de cette
procédure ?
L'affaire n'est pas jugée
par un tribunal mais par un ou plusieurs
particuliers appelés " arbitres
". N'importe qui peut être arbitre,
mais ce sont des personnes dont la
profession ou l'expérience leur confère
une compétence certaine en droit qui
sont généralement choisies. Cette
procédure par rapport aux voies de
recours ordinaires (procédures devant
les tribunaux) est à la fois plus
simple, plus rapide, plus discrète et
moins coûteuse.
Comment l'obtenir ?
S'il n'existe pas déjà une
clause compromissoire, les deux parties
doivent signer un compromis d'arbitrage.
Celui-ci doit : être un
acte écrit (acte notarié ou sous seing
privé), déterminer précisément
l'objet du litige et énumérer les
questions posées à (ou aux) arbitre
(s), comporter le nom du ou des arbitres,
prévoir les modalités de leur
désignation et, en cas de rémunération
du ou des arbitres par les parties,
indiquer le montant de celle-ci.
Le compromis d'arbitrage
doit être signé rapidement après la
naissance du conflit. Il peut intervenir
même si une instance devant une
juridiction a été entamée, mais, dès
qu'il est signé, il n'est plus possible
d'avoir recours à une procédure
ordinaire : les deux parties renoncent
définitivement à faire régler
l'affaire par un tribunal.
Comment se déroule
l'arbitrage ?
Le tribunal arbitral est
composé d'un seul ou de plusieurs
arbitres en nombre impair. Les arbitres
sont dispensés de suivre les formes
habituelles de la procédure civile mais
doivent par contre respecter les règles
de droit, sauf si les parties les ont
désignés comme " amiables
compositeurs ". Dans ce cas, ils
peuvent fonder leur décision sur
l'équité, des usages ou des coutumes,
même à l'encontre d'une règle de
droit. Les parties en conflit n'ont pas
besoin de recourir à un avocat. Chaque
partie peut comparaître seule ou se
faire assister ou représenter par une
personne de son choix.
Que se passe-t-il ensuite ?
La décision des arbitres,
appelée " sentence arbitrale
", est prise à la majorité des
voix. Elle doit contenir le nom des
arbitres, la date et le lieu où elle est
rendue, les noms, prénoms et domicile
des parties ainsi que celui des avocats
ou des personnes qui ont assisté ou
représenté les parties.
La sentence arbitrale a les
mêmes effets qu'un jugement mais elle
n'a pas force exécutoire. Cela signifie
qu'elle ne peut pas être exécutée
contre la volonté d'une partie. Si la
partie qui a été condamnée refuse
d'exécuter la sentence, l'autre partie
doit alors obtenir du tribunal de grande
instance une " ordonnance
d'exequatur ". Ce n'est qu'une fois
l'ordonnance rendue que la sentence
arbitrale pourra s'exécuter de la même
manière qu'un jugement ordinaire et une
procédure de saisie, par exemple, pourra
être engagée contre la partie qui a
été condamnée.
À noter : En cas d'urgence,
et tant que les arbitres n'ont pas été
saisis, les parties peuvent recourir au
juge des référés.
Bon à savoir :Les
conventions collectives prévoient
parfois une procédure contractuelle
d'arbitrage pour le règlement des
conflits du travail.
Réf. : nouveau code de
procédure civile Art. 1442 s.
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