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Quelles sont les démarches pour obtenir le paiement direct des pensions alimentaires ?
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La loi du 2 janvier 1973 indique que "tout créancier d'une pension alimentaire peut se faire payer directement le montant de cette pension par les tiers débiteurs des sommes liquides et exigibles envers le débiteur", notamment les débiteurs de salaires, produits du travail ou autres revenus, ainsi que tout dépositaire de fonds (employeurs pour les salariés, comptes bancaires, éventuellement locataires si le débiteur de la pension est propriétaire etc).
 

1- La procédure de paiement direct
La procédure de paiement direct a pour effet d'obliger le tiers à prélever et à reverser au créancier de pension alimentaire les sommes dues, aux termes indiqués.
Elle est recevable dès qu'une échéance d'une pension alimentaire fixée par une décision judiciaire exécutoire n'a pas été payée à son terme.
La procédure est applicable aux termes à échoir. Elle l'est aussi aux termes échus pour les six derniers mois précédant la notification, qui seront prélevés par fractions égales sur une période de douze mois, en plus de la pension courante.
La procédure de paiement direct, outre les pensions alimentaires dues pour des enfants, (naturels, légitimes, adoptifs) autres descendants ou ascendants dans le besoin, s'applique également aux subsides, aux prestations compensatoires, aux contributions aux charges du mariage, aux devoirs de secours envers le conjoint séparé de corps.
Elle peut être mise en oeuvre par la caisse d'allocations familiales ou autres organismes subrogés dans les droits du débiteur d'aliments.
Les frais du paiement direct incombent au débiteur de la pension. Aucune avance ne peut être demandée au créancier. Si le paiement direct ne peut être obtenu, les émoluments de l'huissier sont avancés par le Trésor public.

A noter : le paiement direct peut être contesté devant le tribunal d'instance du domicile du débiteur.

2- Le rôle de l'huissier de justice
Le créancier de la pension alimentaire peut charger tout huissier de justice du lieu de sa résidence de notifier la demande de paiement direct au tiers saisi (employeur, banquier, locataire ...) par lettre recommandée avec avis de réception dans les huit jours qui suivent.
L'huissier peut demander à l'employeur (ou autre tiers) une attestation prouvant que le débiteur est bien salarié à l'endroit indiqué, ou encore une expédition conforme de la décision de justice, ou tout autre document complémentaire si ceux présentés par le créancier ne lui permettent pas de notifier immédiatement le paiement direct. Le secret professionnel ne peut lui être opposé.
Le tiers débiteur doit répondre dans les huit jours suivant le recommandé de l'huissier.
L'huissier avise également le débiteur en recommandé avec avis de réception du paiement direct qu'il effectue.

3- La fin de la procédure
Le paiement direct prend fin :
1. si l'huissier du créancier en notifie la mainlevée au tiers par lettre recommandée ;
2. à la demande du débiteur sur production d'un certificat délivré par un huissier attestant qu'un nouveau jugement a supprimé la pension ou constatant qu'en vertu de dispositions légales elle a cessé d'être due ;
3. si une nouvelle décision change le montant ou les modalités d'exécution : le paiement direct se trouve modifié de plein droit à compter d'une nouvelle notification de l'huissier.
Le tiers débiteur est tenu d'aviser le créancier dans les huit jours de la cessation ou suspension de rémunération, ou de la clôture du compte du débiteur ou de l'insuffisance de provision.

Enfin, sachez que :
- le tiers débiteur qui n'effectue pas le versement au créancier peut être puni d'une amende de 900 EUR doublée en cas de récidive ;
- le créancier d'aliments qui aura fait usage de cette procédure de mauvaise foi pourra être condamné par le tribunal d'instance à une amende civile allant de 15 à 1 500 EUR.

Textes de référence :
loi n° 73-5 du 2 janvier 1973 décret n° 73-216 du 1er mars 1973
Plus d'infos sur : Service Public

     
 

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