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Reflux gastro-sophagien
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Reflux gastro-sophagien
Source de
l'info ( extait du
site 33 docavenue)
voir suite article sur :www.33docavenue.com
Docteur Guy Scemama, gastro-entérologue
(Choisy le Roi).
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Quelques chiffres
Le reflux
gastro-sophagien est une pathologie fréquente,
quoique le plus souvent bénigne. Elle se caractérise
par le passage d'une partie du contenu de
l'estomac vers l'sophage, la jonction entre
l'sophage et l'estomac étant le cardia. Ce
phénomène est physiologique, notamment après
les repas, mais sa survenue trop fréquente ou
trop prolongée est à l'origine de la maladie
appelée "reflux gastro-sophagien".
Celle-ci, en raison du contact fréquent et/ou
prolongé du contenu gastrique avec la muqueuse
sophagienne, est responsable de certains
symptômes, voire de complications.
Le reflux
gastro-sophagien est fréquent, puisque
environ 15 à 20 % de la population se plaint
d'au moins un épisode hebdomadaire, et que 5 à
10 % se plaint d'au moins une manifestation
quotidienne. On estime à 2 % la fréquence des
formes compliquées de reflux gastro-sophagien,
la principale étant l'sophagite.
Le plus
souvent, il s'agit d'une maladie chronique. En
effet, après un suivi de 5 à 10 ans, environ
deux tiers des patients se plaignent de symptômes
persistants, nécessitant un traitement
intermittent ou continu.
La
symptomatologie
Les
principaux symptômes sont le pyrosis et
les régurgitations acides. Le pyrosis se
manifeste par une brûlure rétro
sternale ascendante.
Les
symptômes atypiques sont souvent peu spécifiques
: ils peuvent être digestifs (douleurs
abdominales, nausées, éructations fréquentes)
ou extra digestifs (laryngite à répétition,
toux chronique, pseudo asthme, douleurs
thoraciques simulant une atteinte
cardiaque, notamment une angine de
poitrine).
Les
symptômes évocateurs de complications
s'expriment par des difficultés de déglutition
des aliments, des vomissements hémorragiques,
un amaigrissement ou une anémie. Ces mêmes
symptômes peuvent aussi révéler un
cancer sophagien.
Les examens
La
fibroscopie gastrique reste l'examen de référence
pour explorer l'sophage, l'estomac
et le duodénum. Elle permet de trouver
une éventuelle cause au reflux et à ses
complications, ou de détecter une lésion
associée, comme un ulcère ou un cancer,
notamment sophagien. Pour cet
examen, il est nécessaire que le patient
soit strictement à jeun (sans avoir mangé,
ni bu ni fumé), durant les 6 heures précédant
l'examen. Celui-ci est indolore et de
courte durée (quelques minutes). Il est
cependant désagréable et peut donc nécessiter
une anesthésie locale, qui ne permettra
que de diminuer le réflexe nauséeux.
Une anesthésie générale est également
possible. Elle n'impliquera qu'une
hospitalisation de quelques heures, dans
un service ambulatoire, favorable à une
surveillance post-anesthésique.
Les
indications de la fibroscopie sogastroduodénale
au cours du reflux gastro-sophagien
sont aujourd'hui bien codifiées. Cet
examen doit être pratiqué en cas de :
-
symptômes survenant après l'âge de 50
ans ;
-
symptômes évoquant une complication ;
-
symptômes atypiques.
Chez un
sujet de moins de 50 ans dont les symptômes
sont typiques, en première intention,
cet examen n'est pas utile. En effet, un
traitement médical d'emblée suffira
dans la plupart de ces cas. Cependant, en
cas d'échec, une fibroscopie pourra être
envisagée. Celle-ci permettra de
rechercher une cause éventuelle du
reflux, entre autres une hernie hiatale,
qui est constituée par l'ascension du
cardia dans la cavité thoracique. Cette
ascension a pour conséquence de diminuer
la barrière antireflux entre l'estomac
et l'sophage. Cette anomalie se
retrouve chez environ 50 % des patients
souffrant d'sophagite, et chez
seulement 10 % des patients ayant un
reflux sans sophagite.
La
fibroscopie permettra aussi de mettre en
évidence les complications du reflux,
notamment l'sophagite. Celle-ci est
due aux reflux répétés et à
l'agression acide de l'sophage.
Cette complication se caractérise par
des lésions rouges et ulcérées, le
plus souvent localisées sur la partie
basse de l'sophage. L'sophagite
est la plus fréquente des lésions
digestives détectées par une endoscopie
gastrique. Elle devance d'ailleurs les
ulcères gastriques ou duodénaux. La
fibroscopie précisera également les
autres complications du reflux : la sténose
et l'endobrachysophage. Ces
complications surviennent le plus souvent
chez des patients dont le reflux est
ancien, ayant généralement plus de 60
ans.
La sténose
est définie par l'impossibilité, ou la
difficulté, de faire passer un endoscope.
Sa fréquence est évaluée à environ 8
à 10 % des cas. Elle fait suite à des lésions
de l'ensemble de la circonférence de l'sophage,
associées à une atteinte profonde de l'sophage.
L'endobrachysophage
est défini par la transformation de la
couche superficielle de la partie basse
de l'sophage par une muqueuse de
type gastrique, jonctionnel ou intestinal.
Sa fréquence représente entre 5 à 10 %
des patients atteints de symptômes de
reflux. La transformation en une muqueuse
de type intestinal expose à la survenue
d'inflammation (dysplasie), pouvant
aboutir à une dégénérescence cancéreuse.
Les patients suivis pour un endobrachysophage,
avec métaplasie intestinale, doivent
donc être surveillés par endoscopie très
régulièrement, afin de permettre un dépistage
précoce d'une inflammation sévère ou
d'un cancer débutant.
Une
fibroscopie normale n'élimine pas le
diagnostic de reflux gastro-sophagien.
Les
explorations radiologiques, et notamment
le transit sogastroduodénal (TOGD),
n'ont plus d'indication depuis le développement
de l'endoscopie.
La pH-métrie
des 24 heures consiste à placer au
niveau de la partie basse de l'sophage
une sonde permettant le recueil du pH, et
donc de mesurer l'acidité sophagienne
à intervalle régulier pendant 24 heures.
Cet examen est indiqué en cas :
- de
symptômes atypiques révélés par une
fibroscopie normale ;
- de
reflux résistant à un traitement médical
bien conduit ;
-
d'indication opératoire (parfois).
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