Cette
maladie, se traduisant par un repli sur soi et une
difficulté à communiquer, frappe de nombreux enfants.
Comment la reconnaître ?
Pris en charge, un enfant autiste
peut apprendre les gestes de la vie courante, des
activités manuelles, acquérir des notions de
langage et s'ouvrir sur le monde qui l'entoure.
Un désintérêt pour le
monde extérieur.
- Les
premiers signes se caractérisent par un
désintérêt du bébé vis-à-vis de son
entourage.-
Par exemple, il n'accroche pas le regard
de sa mère comme le font les autres
enfants. Ces manifestations
s'accompagnent d'attitudes particulières
comme des balancements, des répétitions
de gestes(l'enfant fait toujours le même
mouvement avec sa main.) Ces différents
troubles sont plus ou moins marqués
selon le degré de l'autisme.
L'autisme est lié à un défaut de
neuro- intégration sensorielle.
Autrement dit, le sujet reçoit
normalement toutes les informations
provenant de l'extérieur grâce à ces
cinq sens(on s'assure auparavant qu'il
entend et voit bien), mais son cerveau ne
parvient pas à les synthétiser, car il
est comme débordé. C'est un peu comme
si on regardait la télévision tout en
écoutant la radio et un disque en même
temps. Saturé d'informations, le cerveau
" décroche ". Dans ce cas, on
n'a alors plus qu'une envie: éteindre
les appareils. Le sujet autiste réagit
à peu près de la même façon. Tous les
messages qui parviennent à son cerveau
ne peuvent pas être décodés. Voilà
pourquoi il peut parfois ne pas entendre
quand on l'appelle, mais réagir vivement
au son d'une cloche, par exemple. C'est
également pour cette même raison qu'il
a tendance à ce replier sur lui même.
Des difficultés à trier
les informations
Lorsque des parents
constatent que leur bébé a un
comportement bizarre, il doivent en
faire part à leur médecin. Si
nécessaire, ce dernier les enverra
consulter un psychiatre ou un neurologue.
Un diagnostique précoce est garant d'un
meilleur développement de l'enfant. Il
permet également de déceler d'autres
maladies neurologiques survenant en même
temps que l'autisme. Pour cela plusieurs
examens sont pratiqués. Dans un premier
temps, l'électroencéphalogramme et
l'IRMA (imagerie par résonance
magnétique) permettent de visualiser le
cerveau. Ensuite, " une mesure des
potentiels évoqués " est
effectuée. Cet examen à pour but de
vérifier si l'enfant entend et voit
normalement. Grâce à cette mesure, on
évalue également ses capacités à
intégrer plusieurs informations à la
foi.
Les origines précises de l'autisme ne
sont pas toujours connues. Toutefois les
recherches laissent apparaître un
problème au niveau des
neurotransmetteurs, ces substances
chimiques qui permettent aux cellules
nerveuses de communiquer entre elles.
Chez les sujets autistes, elles seraient
plus excitables. C'est ce qui
expliquerait les difficultés
rencontrées par ces derniers pour trier
et synthétiser les différentes
informations.
Une prise en charge
personnalisée
Dans la plupart des cas,
l'enfant autiste est placé en hôpital
de jour (il rentre chez lui tous
les soirs). Ces structures ne
correspondent pas totalement aux besoins
de ces enfants. Ils se retrouvent
généralement avec des petits, et des
grands, souffrant de maladies
psychiatriques très différentes de la
leur. En fait il paraît plus judicieux
de créer des centres spécialisés dans
lesquels on enseigne notamment aux
autistes des nouveaux modes de
communication. L'enfant apprend, par
exemple, à utiliser des images pour
réclamer quelque chose. On l'aide aussi
à sélectionner les informations pour
éviter que son cerveau ne soit submergé
en permanence. Malheureusement, le nombre
de places dans ces centres spécialisés
est très inférieur aux besoins actuels.
Le syndrome d'autisme infantile est un
trouble globale et précoce du
développement, apparaissant avant l'âge
de trois ans, caractérisé par un
fonctionnement déviant ou retardé dans
chacun des trois domaines suivants:
Interaction sociales Communication
verbale et non verbale, et comportement.
* Les interactions sociales sont
perturbées en quantité et en qualité.
Il existe un retrait social (retrait
autistique; auto = soi), caractéristique
du syndrome.
Le contact social par le regard ou le
sourire est évité ou n'est pas
recherché.
Il existe un manque de réciprocité
sociale et émotionnelle, un manque de
mimiques, d'attitudes et/ou de gestes
expressifs, un manque d'empathie pour l'existence
ou les sentiments d'autrui.
* La communication verbale et non-verbale
est perturbée en quantité et en
qualité: manque d'imitation des gestes
et de la voix d'autrui, pauvreté ou
absence de communication par la voix,
troubles spécifiques du langage (
incluant le volume, la modulation, la
hauteur, la fréquence, le rythme et
l'intonation ), manque de synchronisation
et de réciprocité dans les échanges
conventionnels, anomalies dans la forme
ou le contenu du langage (incluant un
usage stéréotypé et répétitif du
langage, la répétition en écho =
écholalie, l'inversion pronominale, une
utilisation idiosyncrasique ou inadéquate du
langage ), manque de relations
émotionnelles aux sollicitations
verbales et non-verbales d'autrui,
communication non verbale inadéquate
(par le regard, l'expression faciale, la
position du corps, ou les gestes
destinés à entamer ou à moduler une
interaction sociale).
* Les comportements sont restreints,
répétitifs, ritualisés, stéréotypés:
Attachement spécifique à des objets
insolites,
Utilisation inappropriée des objets,
Mouvements stéréotypés du corps ou
d'une partie du corps,
Résistance à des changements dans les
activités routinières,
Souffrance à l'occasion de mobilisations
de l'environnement,
Restriction de la gamme des intérêts et
des activités.
En plus de ces caractéristiques
spécifiques du syndrome autistique, les
enfants autistes présentent souvent
divers autres problèmes non spécifiques
tels que des peurs des troubles du
sommeil ou de l'alimentation, des crises
de colère et des comportements agressifs
(dirigés contre eux-mêmes ou contre
autrui).
Enfin, il faut noter que même si
certains traits autistiques peuvent
persister ( voire s'aggraver ) tout au
long de la vie, la symptomatologie
autistique varie au cours du temps;
l'expression particulière des troubles
inhérents au syndrome autistique se
modifie avec l'age et sans doute avec la
nature des événements spécifiques et
singuliers propres à la vie de chaque
enfant autiste.
A coté de cette forme typique d'autisme
infantile, existent des formes moins
typiques.
Le syndrome d'autisme atypique est
marqué par des troubles du
développement débutant après trois
ans, ou dont le tableau clinique est
incomplet par rapport à celui du
syndrome d'autisme infantile typique.
Définition
élaborée par l'ANDEM,
l'autisme, novembre 1994