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Cancer colorectal
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Cancer colorectal
Source de
l'info ( extait du
site 33 docavenue)
voir suite article sur :www.33docavenue.com. )
Docteur Guy Scemama, gastro-entérologue
à Choisy-le-Roi |
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Le cancer colorectal est un problème
majeur de santé publique. En effet, il s'agit du
cancer le plus fréquent en France, tous sexes
confondus (soit 15 % de l'ensemble des cancers).
Le nombre de nouveaux cas diagnostiqués est
d'environ 35 000 par an, dont 2 tiers de cancers
coliques et 1 tiers de cancers rectaux. L'âge
moyen de survenue de la tumeur est de 70 ans,
avec une légère prédominance masculine,
notamment après l'âge de 65 ans. Ce type de
cancer est rare avant 50 ans.
Malgré
les progrès qui ont été faits dans la prise en
charge chirurgicale et cancérologique, la survie
à 5 ans du cancer colorectal est de 41 %, tous
stades confondus. Le nombre de décès attribués
à ce cancer est d'environ 15 à 16 000 par an.
Dans
60 à 80 % des cas, le cancer colorectal résulte
de la transformation d'une lésion préexistante
: le polype adénomateux.
Pour l'ensemble de
ces raisons, une politique de prévention et de dépistage
du cancer colorectal s'impose. Cependant, il est
important de préciser que toute politique de dépistage
s'adresse uniquement à une population totalement indemne
de toute symptomatologie. En effet, dès qu'un patient
présente un symptôme, il ne s'agit plus d'un dépistage
mais d'un diagnostic
Les principaux symptômes évocateurs
d'une lésion d'origine colique :
- la
présence de sang dans les selles (rectorragie).
Tout saignement doit être exploré et ne
peut être attribué à des hémorroïdes
qu'après avoir éliminé une cause
colique ;
-
l'apparition après 50 ans de troubles du
transit (constipation ou diarrhée récente,
alternance de diarrhée et de
constipation) et/ou de douleurs
abdominales - la présence de signes évoquant
une lésion dont la localisation est
rectale (faux besoins, douleurs rectales...)
;
-
l'apparition de signes généraux (perte
de poids, anémie...).
Les complications révélatrices
de la maladie :
- une
occlusion intestinale ;
- une
perforation du colon responsable d'une péritonite
;
- une
hémorragie abondante ;
- des
métastases (hépatiques, ganglionnaires,
péritonéales ou pulmonaires).
La coloscopie
La présence
de l'un de ces symptômes doit inciter à
pratiquer une coloscopie. Cette technique
constitue actuellement l'examen de référence
permettant de mettre en évidence d'éventuelles
lésions du colon. Au cours de cette
coloscopie, des biopsies et/ou une
ablation de polypes peuvent être réalisées.
Dans la grande majorité des cas, cet
examen se déroule sous anesthésie générale,
en hospitalisation ambulatoire (séjour
à l'hôpital d'une durée de quelques
heures). Il est précédé d'une préparation
permettant le lavage de l'intestin. Les
examens radiologiques, et notamment le
lavement baryté, ne sont indiqués que
lorsque la coloscopie n'est pas réalisable
ou lorsqu'elle est incomplète, ou encore
en cas d'occlusion aiguë.
Le
cancer du colon se présente sous la
forme d'une lésion, le plus souvent végétante,
ulcérée en surface et fragile. Cette lésion
est parfois sténosante et peut donc empêcher
le passage de l'endoscope. La coloscopie
permettra de confirmer le diagnostic, de
préciser la localisation et les caractéristiques
de la lésion, et d'effectuer des prélèvements
permettant de confirmer la nature de la lésion.
Il s'agit d'un adénocarcinome (tumeur développée
aux dépens des glandes coliques).
La coloscopie virtuelle
Un
nouveau type d'exploration a récemment
été mis au point : la coloscopie
virtuelle. Il s'agit d'un traitement
informatique de l'image scannographique (scanner
spiralé), permettant d'obtenir la
reconstruction d'une image imitant la
coloscopie. Cette technique est séduisante
car non invasive (ni anesthésie ni
risque inhérent à l'examen proprement
dit). Cependant, elle comporte certaines
limites. En effet, la capacité de cet
examen à détecter les lésions précancéreuses
varie de 57 à 90 %. Ce taux est de 10 %
pour les polypes de moins de 5 mm, et
passe de 43 à 62 % pour les polypes
d'une taille de 5 à 10 mm, alors que ce
taux s'élève à 95 % avec la coloscopie
traditionnelle. De plus, les lésions précancéreuses
planes (ou à peine surélevées) ne sont
pas détectées par cet examen. Par
ailleurs, d'un strict point de vue économique,
cette technique n'a pas démontré son
avantage. Cela est surtout dû au fait
que, contrairement à la coloscopie
classique, l'utilité de cet examen ne
peut être que diagnostique. En cas de
visualisation de polypes, une coloscopie
traditionnelle demeure indispensable,
afin de confirmer le diagnostic et,
surtout, de faire l'ablation de la lésion.
Enfin, cet examen nécessite une préparation
semblable à celle d'une coloscopie
traditionnelle. Pour l'ensemble de ces
raisons, il sera indispensable de connaître
les conclusions des futures études avant
de pouvoir totalement valider cette
technique. Seules ces études permettront
d'évaluer la place exacte à accorder à
la coloscopie virtuelle et à ses
indications dans le dépistage du cancer
colorectal.
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